Tanzanie : 76 personnes inculpées pour trahison après les violences post-électorales
En Tanzanie, les autorités judiciaires ont inculpé le 7 novembre, 76 personnes pour trahison et complot criminel, en lien avec les violences ayant suivi l’élection présidentielle du 29 octobre. Selon l’acte d’accusation, les suspects auraient tenté de perturber le scrutin et d’intimider les institutions, notamment à Dar es Salaam, la capitale économique du pays.
Le contexte reste tendu depuis le scrutin, jugé non transparent par de nombreux observateurs internationaux. Le principal parti d’opposition, Chadema, dénonce un massacre, affirme que plus de 1 000 personnes auraient été tuées, tandis que les forces de sécurité tenteraient de dissimuler les corps pour minimiser les pertes humaines.
La présidente Samia Suluhu Hassan, au pouvoir depuis 2021, a officiellement remporté l’élection avec plus de 97 % des suffrages. Toutefois, ses principaux adversaires, dont Tundu Lissu (Chadema) et Luhaga Mpina (ACT-Wazalendo), n’ont pas été autorisés à se présenter, dans un climat qualifié de répressif par les organisations de défense des droits humains. Amnesty International fait état de disparitions forcées, d’arrestations arbitraires et d’exécutions extrajudiciaires des allégations fermement rejetées par le gouvernement.
L’Union africaine, dans son rapport publié cette semaine, affirme que le processus électoral n’était pas conforme à ses principes. Les observateurs de l’UA ont signalé des irrégularités majeures telles que le bourrage d’urnes et la distribution multiple de bulletins à certains électeurs. Le rapport conclut que l’environnement électoral ne permettait ni un scrutin pacifique ni une acceptation sereine des résultats.
Avec Africanews

