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Société : Le « lôh », une ardoise traditionnelle au cœur de la transmission du savoir coranique

Dans de nombreuses écoles coraniques, un objet simple continue de traverser les générations : le « lôh », une ardoise traditionnelle utilisée pour l’apprentissage du Coran. Malgré l’évolution des méthodes éducatives et l’essor du numérique, ce support d’écriture demeure un symbole fort de transmission du savoir religieux et de discipline.

Fabriqué généralement à partir d’une planche de bois, le plus souvent du savonnier, apprécié pour sa solidité et sa légèreté, le lôh est soigneusement façonné par des artisans. La planche est polie avec délicatesse et parfois décorée, afin de lui donner un aspect à la fois pratique et esthétique.

« On choisit avant tout un bois solide mais léger. Le bois est découpé en forme rectangulaire ou légèrement allongée, selon la taille souhaitée. Ensuite, on aplatit la surface pour qu’elle soit bien lisse. Une poignée est souvent sculptée à l’une des extrémités pour permettre à l’élève de tenir facilement l’ardoise », explique Brahim, artisan à Amriguébé.

Le processus de fabrication se poursuit avec un travail de finition minutieux. « La surface est ensuite polie ou poncée avec du papier abrasif ou parfois avec des feuilles rugueuses. Cela permet d’obtenir une surface bien lisse sur laquelle l’encre peut être appliquée facilement », ajoute Abdelsalam.

Dans les écoles coraniques, le lôh sert à écrire les versets du Coran à l’aide d’une encre artisanale, généralement préparée à base de charbon, de gomme arabique et d’eau. Assis à même le sol, les élèves posent l’ardoise sur leurs genoux et y copient les versets dictés par le maître coranique.

Pour Youssouf, maître coranique depuis près d’une décennie, cet objet dépasse largement sa fonction d’outil pédagogique. « Le lôh n’est pas seulement un support d’écriture, c’est un symbole de transmission du savoir religieux et de discipline. Après l’apprentissage d’un passage, l’élève efface le texte pour laisser place à un nouveau verset, perpétuant ainsi un cycle d’apprentissage basé sur la pratique quotidienne », souligne-t-il.

Particulièrement répandu dans les zones rurales, le lôh reste un moyen simple, durable et accessible d’enseigner le Coran. Au-delà de son utilité scolaire, il témoigne de la vitalité et de la persistance des traditions éducatives dans les écoles coraniques.

Ainsi, le lôh conserve une valeur pédagogique et culturelle irremplaçable, incarnant une méthode ancestrale d’enseignement qui continue de façonner l’apprentissage religieux de nombreuses générations.

TWM / Izadine Idriss Nahor, stagiaire

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