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Sécurité routière : Le contournement anarchique des motos, un danger croissant à N’Djamena

À N’Djamena, le non-respect des règles de circulation par de nombreux motocyclistes transforme certaines artères en véritables zones à risque. Le contournement anarchique des ronds-points, notamment dans le quartier Karkandjié (5ᵉ arrondissement) et aux abords de l’échangeur de Dembé, est devenu une pratique courante qui met en danger usagers et piétons.

Sur place, une scène inhabituelle attire l’attention. Des jeunes, organisés en petits groupes, proposent aux motocyclistes de transporter leurs engins de l’autre côté de la voie, en contournant les règles de circulation. En échange, ils perçoivent une somme variant entre 200 et 300 francs CFA. « On s’organise en groupe. Dès qu’un motocycliste arrive, on l’aide à soulever sa moto pour la déposer de l’autre côté. On prend 200 ou 300 francs, selon le client », explique Abderaman Chérif, l’un de ces jeunes débrouillards.

Du côté des usagers, cette pratique est justifiée par des contraintes de distance et de temps. « Du rond-point chinois jusqu’à l’échangeur de Dembé, le détour est trop long. On est obligés de couper au niveau de la Maison nationale de la Femme. On paie les jeunes pour ce service », confie Moukhtar Issaka, motocycliste.

Même constat chez les conducteurs de motos-taxis, communément appelés « clandomans », qui évoquent également le coût du carburant. « La déviation est trop longue, cela nous retarde et consomme beaucoup de carburant. On préfère payer les jeunes pour traverser rapidement », témoigne Souleymane Adam.

Cette pratique, bien que devenue courante, n’est pas sans risques. Elle expose les usagers à des accidents graves et met en évidence les limites actuelles en matière d’aménagement et de régulation de la circulation.

Face à cette situation préoccupante, plusieurs voix appellent à une réaction des autorités en charge de la sécurité routière. Parmi les solutions évoquées : la création de passages adaptés, une meilleure signalisation et un renforcement du contrôle sur les axes à forte affluence.

TWM / Amani Mahamat Moussa, stagiaire

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