Opinion : Appel à la clémence, au pardon et à la conciliation nationale à l’occasion de l’Aïd al-Adha, par Adam Brahim
Opinion : Lettre ouverte à Son Excellence le Maréchal Mahamat Idriss Déby Itno
Excellence Monsieur le Maréchal, C’est avec un profond sens du devoir civique, guidé par l’amour de notre patrie commune et par l’aspiration partagée à une paix durable, que cette correspondance vous est adressée. En votre qualité de garant de l’unité nationale et de père de la Nation, vous incarnez l’ultime recours lorsque les fils et les filles du Tchad ont besoin de retrouver le chemin du dialogue et de la concorde.
En ces moments de dévotion et de spiritualité, nous élevons nos prières vers le Tout-Puissant et nous vous disons respectueusement : Que Dieu accepte votre Hajj et vous pardonne. À votre tour, Excellence, nous vous prions de pardonner à l’occasion de l’Aïd Al – Adha.
Aujourd’hui, le Tchad traverse une période charnière de son histoire, où chaque geste en faveur de la cohésion sociale résonne comme un pilier pour l’avenir. C’est dans cet esprit de piété et de tolérance que nous venons solliciter votre haute bienveillance, votre clémence et votre magnanimité en faveur des prisonniers du GCAP, de Dr Succès Masra et de M. Idriss Youssouf Boy.
L’histoire des grandes nations nous enseigne que la véritable force d’un leader réside dans sa capacité à pardonner et à rassembler, au-delà des divergences politiques, des erreurs du passé ou des tensions conjoncturelles.
Récemment encore, le continent africain nous a offert un exemple inspirant de cette grandeur d’âme : à l’occasion de la fête de l’Aïd Al-Adha, le Roi Mohammed VI a accordé une grâce royale aux supporters sénégalais. Le Royaume du Maroc a ainsi annoncé une mesure de clémence en faveur de supporters sénégalais condamnés lors de la Coupe d’Afrique des Nations 2025 organisée sur le territoire marocain. Une décision présentée comme un geste humanitaire et un symbole fort des relations fraternelles entre Rabat et Dakar.
Si un tel élan de générosité a pu franchir les frontières pour unir deux nations sœurs, nous sommes convaincus qu’une démarche similaire, guidée par la foi et l’esprit de l’Aïd, est d’autant plus salvatrice à l’échelle purement nationale pour réconcilier les enfants d’une même patrie.
Pour les prisonniers du GCAP : Accorder la clémence à ces citoyens en ces jours bénis permettrait d’apaiser les cœurs, de soulager des familles tchadiennes et de refermer les plaies nées des récentes tensions politiques.Pour le Dr Succès Masra et M. Idriss Youssouf Boy : Malgré les trajectoires, les positions ou les différends qui ont pu surgir, leur accorder votre pardon marquerait un tournant décisif. Cela prouverait que la table du dialogue tchadien reste ouverte à tous ses enfants.
Monsieur le Maréchal, un acte de grâce et de réhabilitation de votre part, magnifié par la sacralité de l’Aïd Al-Adha, enverrait un signal puissant au peuple tchadien et à la communauté internationale : « La patrie est au-dessus des amertumes, et le dialogue, fortifié par le pardon divin et humain, est l’unique chemin vers une stabilité pérenne. »
Ce geste de haute portée politique, spirituelle et humanitaire désarmerait les rancœurs, consoliderait la transition vers une paix définitive et unifierait les forces vives du pays autour d’un seul objectif : le développement et la prospérité du Tchad.
En espérant que cet appel touchera votre cœur de croyant, de père de la Nation et de chef d’État soucieux de laisser un héritage de paix, nous vous prions d’agréer, Excellence Monsieur le Maréchal, l’expression de notre très haute et respectueuse considération.
ADAM BRAHIM ADOUM, Citoyen engagé pour la Paix et la Réconciliation Nationale

