Santé/Choléra : Des obsèques sécurisées pour stopper la propagation des maladies d’origine hydrique
Au Tchad, le deuil et les rites funéraires sont profondément ancrés dans les traditions sociales et spirituelles. Mais en période d’épidémie de choléra, ces pratiques, lorsqu’elles impliquent un contact direct avec le corps, peuvent devenir un risque de contamination majeur pour les familles et les communautés.
En effet, provoqué par la bactérie Vibrio cholerae, le choléra se transmet par l’eau, les aliments ou les mains souillées. Lorsqu’un décès survient après des vomissements et diarrhées aiguës, signes fréquents de la maladie, le corps peut encore contenir le germe. Le lavage traditionnel de la dépouille, le contact prolongé ou la manipulation sans désinfection exposent directement les proches, avec le risque de déclencher de nouveaux foyers de contamination.
Face à cet enjeu, les autorités sanitaires et leurs partenaires notamment l’UNICEF, préconisent des funérailles sécurisées, fondées sur des gestes simples et essentiels :
• Éviter le lavage du corps par la famille. Si un nettoyage s’impose, il doit être réalisé par des agents de santé formés et équipés d’EPI ;
• Désinfecter le corps et les surfaces en contact (lit, sol, linge, véhicule funéraire) avec une solution chlorée ou désinfectant adapté ;
• Limiter tout contact physique avec la dépouille durant les rites ;
• Utiliser un cercueil ou un emballage mortuaire sécurisé pour le transport et l’inhumation ;
• Se laver systématiquement les mains après la cérémonie, même sans contact direct car l’environnement peut être contaminé
Dans les zones touchées, les cérémonies d’inhumation sont de plus en plus encadrées par les équipes de réponse rapide du secteur sanitaire, avec l’appui de partenaires comme l’UNICEF et des acteurs locaux de santé. Leur rôle : orienter, protéger, fournir des EPI et sensibiliser sans heurter les pratiques culturelles, tout en évitant que les enterrements ne deviennent un maillon de la crise.
Ainsi, les Chefs traditionnels, autorités religieuses, comités de deuil et familles sont aujourd’hui appelés à intégrer ces mesures.

