Ouganda : Une loi controversée sur les financements étrangers adoptée
Le Parlement ougandais a adopté une nouvelle loi qui vise à encadrer, voire criminaliser certains transferts d’argent venant de l’étranger. Présentée comme un moyen de protéger la souveraineté nationale, cette mesure suscite de fortes inquiétudes chez les défenseurs des droits humains et une partie de l’opposition.
Dans un contexte politique dominé par le président Yoweri Museveni, le texte prévoit de désigner comme « agents étrangers » les personnes ou organisations recevant des financements extérieurs jugés contraires aux intérêts du pays. Ces acteurs pourraient se voir interdire toute participation à des activités politiques liées à des intérêts étrangers.
Des modifications ont toutefois été apportées avant l’adoption. Les Ougandais vivant à l’étranger ne seront finalement pas considérés comme des « étrangers ». De plus, certains secteurs comme la santé, les organisations religieuses, les universités et les centres de recherche pourront continuer à recevoir des financements sans autorisation préalable, tant que leurs activités respectent la loi.
Les sanctions prévues sont sévères : jusqu’à 10 ans de prison pour défaut d’enregistrement et jusqu’à 20 ans pour certaines infractions, notamment le « sabotage économique ».
Pour les autorités, cette loi vise à limiter toute ingérence extérieure. Mais pour ses détracteurs, elle pourrait surtout servir à restreindre les activités des ONG, des médias indépendants et des opposants politiques.
Malgré les critiques et des débats très tendus, le texte a été adopté à une large majorité par les députés.
Avec Africanews

