N’Djamena : Le chapelet électronique séduit de plus en plus la jeunesse
Dans les marchés et les rues de N’Djamena, un petit objet discret attire de plus en plus l’attention : le chapelet électronique. Appelé communément « sibhé » en arabe, le chapelet est traditionnellement utilisé pour le zikr, c’est-à-dire le rappel de Dieu.
Sous sa forme numérique, l’objet se porte au doigt comme une bague ou se glisse dans la poche. Doté d’un simple bouton permettant de compter les invocations, ce dispositif moderne séduit particulièrement les jeunes. Pratique et facile à transporter, il s’impose peu à peu dans le quotidien de certains fidèles, même si d’autres restent attachés au chapelet traditionnel.
Entre tradition et modernité, certains jeunes adoptent une approche plus détendue. C’est le cas de Barka Yo, rencontré dans un marché de la capitale : « Moi, je le porte surtout comme accessoire. Ça fait style, mais parfois je l’utilise aussi pour les invocations », reconnaît-il avec un sourire.
Pour d’autres utilisateurs, le chapelet électronique est surtout apprécié pour sa petite taille et son côté moins encombrant. « C’est simple et pratique. Je peux l’utiliser partout, même en marchant ou en attendant quelqu’un. Cela m’aide à garder l’habitude des invocations », confie un jeune adepte.
Mais pour les fervents défenseurs des anciennes pratiques, rien ne remplace le chapelet classique. Acheikh Ali, lui, reste fidèle aux perles traditionnelles : « Le chapelet traditionnel a une valeur spirituelle et symbolique. Il accompagne la prière depuis des générations. Le toucher des perles rappelle la patience et la méditation », explique-t-il.
Un avis partagé par Nousradine Abdelkérim, qui égrène calmement son chapelet : « Ce n’est pas seulement un outil de comptage, mais un héritage culturel et religieux qu’il faut préserver ».
Malgré ces divergences, le chapelet électronique s’impose progressivement dans le paysage religieux urbain. Entre outil spirituel, objet pratique et parfois simple accessoire de mode, il illustre la manière dont la jeunesse réinterprète certaines traditions à l’ère du numérique.
TWM / Ahmat Mbodou Mahamat, stagiaire

