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Littérature : La « librairie par terre », un accès populaire au savoir

À N’Djaména, comme dans plusieurs villes de l’intérieur du pays, l’accès aux livres demeure limité pour une grande partie de la population. Face à cette réalité, une initiative informelle mais essentielle continue de jouer un rôle clé : les brocantes de livres, communément appelées « librairies par terre ».

Installés devant les établissements scolaires, les universités, certaines banques ou dans des marchés tels que celui de Dembé, des vendeurs proposent à même le sol des ouvrages d’occasion à des prix accessibles. Manuels scolaires, romans, essais ou livres universitaires y sont disponibles, offrant une alternative précieuse aux librairies classiques souvent hors de portée des budgets modestes.

Au-delà de l’aspect économique, cette activité contribue à démocratiser l’accès à la connaissance, notamment pour les étudiants et les lecteurs à faible revenu. Cependant, ces espaces attirent de moins en moins de clients. Pour Oumar Sébi, vendeur de livres à Dembé, la concurrence du numérique explique en partie cette désaffection : « Aujourd’hui, tout est sur téléphone. Les jeunes préfèrent l’écran au livre papier », déplore-t-il.

Le recul de la lecture est également perçu comme un problème culturel et éducatif. Emmanuel, enseignant de français au Lycée Félix Éboué, s’inquiète du niveau des élèves :
« Beaucoup de jeunes lisent très peu. La librairie par terre est pourtant une opportunité, car les livres y sont accessibles. La lecture est indispensable à la formation intellectuelle. »

Malgré cette tendance, certains continuent de privilégier le livre papier. Jack, étudiant en Lettres modernes, affirme fréquenter régulièrement ces étals : « Mon domaine exige beaucoup de lecture. Je préfère le livre physique, malgré l’usage du téléphone. »

Dans un contexte où l’oralité domine largement, les « librairies par terre » rappellent l’importance du livre comme outil d’apprentissage, de réflexion et d’émancipation. Plus qu’un simple commerce informel, elles incarnent un espace de transmission du savoir et un levier discret mais essentiel pour la promotion de la culture écrite.

TWM / Izadine Idriss Nahor, stagiaire

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