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CEMAC : À Douala, des experts formés pour mieux mesurer le commerce transfrontalier informel

Une cinquantaine d’experts venus des pays de la Communauté Économique et Monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC) ont entamé, le lundi 16 mars à Douala, une formation des formateurs axée sur les outils de collecte des données du commerce transfrontalier informel (CTI).

Organisé par la Commission de la CEMAC, à travers le projet HISWACA, cet atelier s’inscrit dans une dynamique de renforcement des systèmes statistiques régionaux. L’objectif est clair : améliorer la mesure d’un secteur clé mais encore largement sous-estimé dans les statistiques officielles.

En Afrique centrale, le commerce transfrontalier informel représente une part importante des échanges intracommunautaires. Pourtant, ces flux de biens et services échappent en grande partie aux dispositifs classiques de collecte de données, rendant difficile l’évaluation précise de l’intégration économique régionale.

L’atelier de Douala fait suite à la rencontre régionale tenue en novembre 2025 à Djibloho, en Guinée équatoriale, au cours de laquelle une méthodologie harmonisée de mesure du CTI a été adoptée. Cette nouvelle étape vise à doter les experts nationaux d’outils concrets pour conduire des études monographiques sur le terrain.

Pendant quatre jours, les participants seront formés à l’utilisation de questionnaires et de fiches d’enquête, aussi bien en format papier (PAPI) qu’en format numérique (CAPI). Ils travailleront également à harmoniser les procédures de collecte, à évaluer l’état d’avancement des enquêtes dans les pays membres et à préparer la formation des agents enquêteurs au niveau national.

Selon le Directeur général de l’Institut national de la statistique du Cameroun, Joseph Tedou, cette initiative « s’inscrit dans un effort collectif visant à mieux comprendre les dynamiques économiques de la sous-région et les enjeux liés à l’informalité ».

De son côté, le Commissaire de la CEMAC chargé des politiques économiques, monétaires et financières, Nicolas Beyeme Nguema, a insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les institutions, notamment les instituts de statistique, les douanes et les administrations sectorielles.

À l’issue des travaux, plusieurs résultats sont attendus, dont la validation des outils de collecte, le renforcement des capacités des experts et l’actualisation du calendrier communautaire des enquêtes.

À terme, ces études permettront d’identifier les principaux corridors commerciaux, de cartographier les points de passage frontaliers et de mieux cerner les dynamiques du commerce informel. Elles devraient également doter les États de la CEMAC d’une base de données fiable, essentielle pour orienter les politiques publiques et renforcer l’intégration économique régionale.

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