Tchad : Validation du rapport sur les conditions carcérales au cœur d’un atelier à N’Djamena
Un atelier national de validation du rapport des missions d’évaluation des conditions carcérales au Tchad s’est ouvert ce 16 septembre 2025 à l’Hôtel de l’Amitié, à N’Djamena.
Organisé dans le cadre du Projet d’Appui au Parlement et aux Processus Électoraux (PAPPE), financé par l’Union européenne et mis en œuvre par le Centre européen d’appui électoral (ECES), il marque une étape clé pour le renforcement des capacités de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH), bénéficiaire du projet depuis deux ans. La cérémonie d’ouverture a été présidée par le ministre de la Justice, chargé des droits humains, Dr Youssouf Tom.
L’atelier vise à valider les rapports d’évaluation des établissements pénitentiaires et à formuler des recommandations concrètes pour améliorer les conditions de détention, dans le respect des normes nationales et internationales en matière de droits humains.
Quelque cinquante participants y prennent part : commissaires de la CNDH, représentants des institutions judiciaires et sécuritaires, acteurs de la société civile et défenseurs des droits humains.
Dans son intervention, Mme Madjiguène Thiam, coordonnatrice du PAPPE, a insisté sur la portée de cette rencontre : « L’Union européenne, qui finance ce projet, place les droits humains et la bonne gouvernance au cœur de son action. Cet atelier n’est pas seulement une validation technique, mais aussi un espace de dialogue entre tous les acteurs concernés par la question pénitentiaire. »
Mme Agnès Kovacs, cheffe d’équipe Gouvernance à la délégation de l’UE au Tchad, a réaffirmé l’engagement de l’Union : « L’UE soutient les institutions nationales et la société civile dans plusieurs domaines, notamment la gouvernance démocratique, la promotion des droits humains, le renforcement des capacités institutionnelles et l’égalité de genre. »
Pour sa part, le ministre Youssouf Tom a rappelé que les conditions carcérales « constituent un enjeu majeur pour notre système judiciaire. Elles reflètent non seulement la capacité de l’État à garantir la sécurité et la dignité des personnes privées de liberté, mais aussi son respect des normes internationales en matière de droits humains. » Il a souligné que l’action du gouvernement s’inscrit dans le cadre des engagements internationaux du Tchad, en particulier la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui consacre la dignité humaine et le droit à un traitement équitable pour toute personne.
Le président de la CNDH, M. Belngar Larmé Jacques, a de son côté salué la tenue de l’atelier, estimant que « la situation des personnes privées de liberté nous interpelle tous. Elles sont des citoyens à part entière, titulaires de droits fondamentaux, dont certains continuent malheureusement d’être bafoués. »
Ce dialogue multi-acteurs se poursuivra jusqu’au 18 septembre et vise à bâtir un consensus national pour des réformes durables, garantes d’un véritable État de droit.
TWM / Chaïbo Issa Chaïbo

