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Tchad : Le PRAPS renforce le pastoralisme et dynamise les marchés à bétail

La deuxième phase du Projet régional d’appui au pastoralisme au Sahel (PRAPS-2 Tchad), appuyée par la Banque mondiale, se poursuit avec des résultats visibles sur le terrain. Ce programme vise à améliorer les conditions de vie des éleveurs en sécurisant leurs activités et en augmentant la production animale dans six pays sahéliens, dont le Tchad.

Dans la province du Hadjer-Lamis, à Misséri, localité située à 20 kilomètres de Massakory, une mini-station pastorale a été construite. Cette infrastructure moderne comprend un château d’eau, un groupe électrogène, des panneaux solaires, un magasin et un logement pour gardien, le tout entièrement clôturé.

Pour les habitants, l’impact est immédiat. Khadidja Ali, résidente de Misséri, se souvient des difficultés passées : « Avant, nous creusions la terre pour trouver de l’eau et nous puisions avec des cordes. C’était très difficile. Aujourd’hui, grâce à cette station, nous avons de l’eau accessible et de meilleure qualité. »

La gestion de cette mini-station est assurée par un comité local. Son président, Adam Ibni Adam, explique que des contributions sont mises en place pour garantir la durabilité de l’ouvrage. « Les éleveurs contribuent à hauteur de 10 francs CFA, tandis que certains animaux destinés aux convoyeurs paient 25 francs. Cet argent est versé dans une caisse qui permet d’assurer l’entretien et les réparations en cas de panne », précise-t-il.

Par ailleurs, un marché à bétail a été aménagé à Karmé, dans le département de Haraze Albiar, afin de soutenir les activités économiques liées à l’élevage. Cette infrastructure constitue aujourd’hui un pôle d’échanges important.

Le président du comité de gestion du marché, Almahadi Husseini, souligne les progrès réalisés : « Nous collectons des frais sur chaque animal pour assurer la propreté et la maintenance du marché. Le comité, composé de 12 membres élus en assemblée générale, veille à son bon fonctionnement. ».

Avant l’intervention du PRAPS, le marché n’était ni clôturé ni sécurisé, entraînant des pertes fréquentes de bétail. « Aujourd’hui, il n’y a plus de pertes et les animaux sont en sécurité. Cela facilite énormément notre travail », ajoute-t-il.

Le marché de Karmé attire désormais des commerçants venus de plusieurs pays, notamment du Cameroun, de la République centrafricaine, du Nigeria et même du Gabon. Pour le commerçant Brahim Obi, il s’agit d’un véritable marché international : « Les transactions sont importantes. Certains achètent jusqu’à 30 vaches pour des montants pouvant atteindre 100 millions de francs CFA destinés à l’exportation. »

Les vendeurs confirment également cette évolution. Ahmat Adam, présent sur ce marché depuis 24 ans, témoigne : « Avant, les animaux se perdaient et il n’y avait pas d’eau. Aujourd’hui, le marché est clôturé, sécurisé et bien organisé. »

Chaque semaine, entre 300 et 400 têtes de bétail sont vendues, sur un volume pouvant atteindre 10 000 têtes selon les périodes. Les prix varient selon la taille des animaux : les plus grands se négocient entre 500 000 et 700 000 francs CFA, tandis que les plus petits coûtent entre 175 000 et 200 000 francs CFA.

À travers ces réalisations, le PRAPS contribue à moderniser le secteur pastoral au Tchad et à renforcer les revenus des éleveurs, en dynamisant les échanges commerciaux dans les zones rurales.

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