Soudan : À Khartoum, les déplacés reviennent mais retrouvent une ville meurtrie
À Khartoum, capitale soudanaise reprise par l’armée en début d’année, la vie tente de renaître malgré les profondes cicatrices laissées par deux années de guerre. Les habitants, contraints à l’exil, regagnent progressivement leurs foyers. Mais le retour est amer : beaucoup découvrent des maisons détruites, pillées et des biens durement acquis réduits à néant.
Afaf al-Tayeb, une déplacée, raconte avec douleur : « Nous avons tout perdu. L’or, les appareils électroménagers, nos vêtements… même ce que nous avions caché sous le plancher a été volé. Il ne nous reste que les habits que nous portons. » Son fils, Mohamed al-Khedr, décrit leur maison à Al-Qawz : « Un obus l’a frappée. Elle a entièrement brûlé. »
Face à l’ampleur des destructions, les habitants s’organisent pour nettoyer les rues et tenter de reconstruire. Mais la tâche s’annonce titanesque : la réhabilitation est estimée à plusieurs milliards de dollars. Altayeb Saad al-Din, porte-parole du gouvernement, souligne que « plus de sept grandes sous-stations électriques et de nombreux transformateurs ont été pillés ou détruits ».
Depuis le déclenchement du conflit en avril 2023, plus de 12 millions de personnes ont été déplacées à travers le pays, selon l’UNHCR.
À Khartoum, comme ailleurs au Soudan, le chemin vers une vie normale reste semé d’embûches, entre pertes matérielles, traumatismes et l’espoir fragile d’un nouveau départ.
Avec Africanews

