Société : Femmes balayeuses, les invisibles piliers de la propreté urbaine
Dès les premières heures du matin, alors que la ville sommeille encore, des femmes vêtues de gilets verts ou rouges envahissent les rues de N’Djamena. Balais, râteaux, pelles et brouettes à la main, elles nettoient les chaussées, ramassent les ordures et évacuent les déchets. Ce sont les balayeuses de rues, véritables héroïnes du quotidien.
La majorité d’entre elles sont des mères de famille, souvent seules, parfois veuves ou responsables d’enfants orphelins. Chaque jour, elles affrontent la fatigue et les difficultés pour subvenir aux besoins de leur foyer et assurer l’avenir de leurs enfants. Leur travail, éprouvant mais indispensable, est un acte de responsabilité citoyenne et de sacrifice.
Grâce à leur engagement, les grandes artères de la capitale demeurent relativement propres. Elles jouent un rôle clé dans la salubrité urbaine et contribuent directement à la protection de la santé publique.
Rencontrée sur la rue des 40 mètres, Houda Ousmane, 45 ans, témoigne : « Je fais ce travail depuis plus de trois ans. C’est difficile, mais je n’ai pas le choix. Mes enfants doivent aller à l’école. Alors je me bats chaque jour. »
Florence, veuve et mère de famille, partage la même réalité : « J’ai perdu mon mari. Grâce à ce travail, je nourris mes enfants et certains vont à l’école. J’espère qu’un jour ils réussiront. »
Exposées au soleil, à la pluie, à la poussière et souvent sans équipements adéquats, ces femmes exercent leur métier dans des conditions très pénibles. Malgré cela, leur contribution reste largement ignorée. Peu de passants prennent le temps de les saluer ou de reconnaître leur utilité, oubliant que sans elles, la ville serait envahie par les déchets et les maladies.
Les femmes balayeuses méritent pourtant respect, considération et reconnaissance. Par leur dévouement quotidien, elles protègent la santé publique et participent activement au bien-être collectif.
TWM / Mahamat Moukhtar, stagiaire

