Société : À N’Djamena, les vendeuses de fruits, héroïnes discrètes du quotidien
Un peu partout dans les rues de la capitale, N’Djamena, des femmes vendeuses de fruits sont visibles au bord des axes, notamment les axes goudronnés, souvent immobiles sous le soleil ardent ou dans la poussière. Derrière leurs étals modestes se cachent des histoires de courage, de responsabilité et de survie. La plupart de ces femmes sont des mères de famille, tandis que d’autres, orphelines, sont contraintes de subvenir aux besoins de leurs jeunes frères et sœurs.
Valérie Anthoine, vendeuse de fruits depuis 2017, témoigne d’un quotidien difficile mais indispensable. « Je vends des fruits ici depuis 2017. Chaque matin, je pars au marché de Demdé pour récupérer mes marchandises qui viennent de Kousséri. J’installe mon étal vers 14 heures et je rentre à la maison vers 22 heures. Je travaille du matin jusqu’au soir pour gagner ma vie et subvenir aux besoins de mes enfants », explique-t-elle.
Comme Valérie, Khadidja Mahamat, âgée de 24 ans, se bat chaque jour pour assurer l’avenir de sa famille. Orpheline depuis 2021, elle vit avec ses frères et sœurs plus jeunes.
« J’ai perdu mes parents en 2021. Je vis avec deux petites sœurs et un frère de 8 ans. Je me bats pour eux. Je travaille chaque jour pour gagner quelque chose. Alhamdoulillah, aujourd’hui j’ai eu beaucoup de clients », confie-t-elle, avec un brin d’espoir.
Les clients, eux aussi, reconnaissent l’importance de ces vendeuses dans leur quotidien. « Chaque jour, en sortant de la maison, mes enfants me demandent d’acheter des bananes ou parfois des mangues. Avant de rentrer, je suis obligé de passer chez les vendeuses. Les fruits sont bons pour la santé et je suis satisfait de ce qu’elles me proposent », témoigne un client rencontré sur place.
Souvent invisibles aux yeux de la société, ces femmes jouent pourtant un rôle essentiel dans l’économie locale et dans la vie quotidienne des habitants de N’Djamena.
Leur combat silencieux, mené jour après jour, mérite reconnaissance et soutien.
TWM, Ibrahim Ibni Ahmat, stagiaire

