Société : À N’Djamena, les réparateurs de téléphones, héros discrets du quotidien
À N’Djamena, capitale du Tchad, les réparateurs de téléphones portables jouent un rôle majeur dans la vie quotidienne des usagers. Armés de tournevis et de pièces détachées, ces techniciens, pour la plupart jeunes, sont devenus les premiers recours face aux pannes d’appareils dans une société de plus en plus connectée.
Au Grand Marché, Mahamat Saleh Youssouf, installé sous un petit parasol, manipule avec précision un smartphone abîmé. Sociologue de formation, il raconte avoir appris le métier au Cameroun avant de revenir au pays :
« J’ai appris ce métier au Cameroun quand j’étais étudiant. Une fois rentré, je n’ai trouvé aucun emploi stable. Alors je me suis remis à la réparation. Ce n’est pas facile, mais on s’en sort. »
Dans les quartiers populaires comme Diguel, d’autres techniciens perpétuent la réparation électronique comme patrimoine familial. Idriss Oumar témoigne : « Mon père réparait des radios et des téléphones. Aujourd’hui, c’est mon métier. Même si certains clients n’ont pas d’argent, je les aide. Parfois je gagne 3 000 francs, parfois 15 000. »
Pour les clients, ces réparateurs sont devenus indispensables. « Ils sont rapides, efficaces et abordables », affirme Hawa Achéne, une habituée, satisfaite d’un écran remplacé « avec une pièce originale » à bon prix.
Souvent perçus comme de simples dépanneurs, ces techniciens de rue sont pourtant des acteurs essentiels de l’économie informelle urbaine. Ils allient débrouillardise, survie économique et utilité sociale dans un contexte marqué par le chômage et la précarité.
Entre gagne-pain et service de proximité, les réparateurs de téléphones à N’Djamena s’imposent comme des artisans indispensables du numérique et de véritables héros discrets du quotidien.
TWM / Mahamat Moukhtar, stagiaire

