RDC : 6 millions de dollars américains pour fêter l’alternance, la polémique enfle
En République démocratique du Congo, les activités du comité d’organisation de la commémoration de l’An 1 de l’alternance politique ont été lancées ce jeudi 19 décembre. Alors que les autorités congolaises entendent sanctuariser cette célébration, des voix dissonantes se font déjà entendre.
Les détails commencent à filtrer à l’issue de la cérémonie d’intronisation du comité de pilotage de ces festivités. Prévue se dérouler le 24 janvier, date historique de l’investiture du président Félix Tshisekedi à la tête du pays, la célébration impliquera sept commissions qui devront travailler à sa bonne marche. Elles devront notamment entre autres s’assurer de recevoir comme invités des chefs d’Etat d’Afrique centrale ainsi que les amis du président Tshisekedi et ceux de son prédécesseur Joseph Kabila.
Autres tâches assignées, la construction d’un monument « de la démocratie », l’impression d’un billet collector qui sera imprimé par la banque centrale et sera vendu comme souvenir, mais aussi l’organisation des manifestations populaires. Coût prévisionnel de la commémoration, six millions de dollars américains.
Un budget qui fait déjà polémique en RDC où, pour une partie de la population, ces célébrations sont budgétivores d’autant qu’elles ne relèvent pas de l’urgence. Sur les réseaux sociaux, des membres de la société civile dont la LUCHA et autres internautes n’ont pas tardé à dénoncer la “gabegie” du gouvernement.
Des arguments balayés par le ministère près du président de la République André Kabanda Kana. « Le congolais, longtemps tourné en dérision est souvent caricature, a le devoir d’intégrer sa propre histoire, d’en magnifier les hauts faits et d’en proposer fièrement le modèle en Afrique et au monde », a-t-il déclaré dans la foulée de la cérémonie inaugurative du comité d’organisation des festivités. Saluant l’accalmie politique résultant de l’alternance qu’a connue le pays, le ministre Kabanda Kana s’est interrogé : « A quoi pourrait-il servir de bouder ce plaisir ? ».
Avec l‘élection du président Félix Tshisekedi, la RDC a connu la première transition pacifique du pouvoir de son histoire. Lié à son prédécesseur par un accord de partage de pouvoir, le président congolais ne possède cependant qu’une infime partie du pouvoir, notamment dans les assemblées électives. En parallèle, il doit conjuguer avec l’insécurité dans l’Est du pays ainsi que les nombreuses poches de corruption qui mettent l‘économie du pays à genou. Toutefois, avec l‘éclaircissement de l’horizon politique, les bailleurs de fonds reprennent langue avec le pays. C’est notamment le cas du FMI qui vient de débloquer une ligne de crédit d’urgence de 369 millions de dollars pour le pays.
Source: Africanews par Carole KOUASSI