N’Djaména : Vendeuses de fruits au bord des routes, la survie au prix du danger
À N’Djaména, le long des principales artères de la capitale, des dizaines de femmes vendent chaque jour des fruits à même le bord du goudron, à quelques mètres seulement des véhicules en circulation. Une activité essentielle à la survie de nombreuses familles, mais qui les expose à des risques permanents d’accidents.
Sans aménagement spécifique ni signalisation adaptée, ces commerçantes travaillent dans un environnement particulièrement dangereux. Entre motos, taxis et voitures roulant parfois à vive allure, la moindre perte de contrôle peut virer au drame.
Plusieurs vendeuses ont déjà été victimes de collisions, certaines souffrant de fractures ou contraintes à de longues périodes d’hospitalisation. Dans les cas les plus graves, des pertes en vies humaines ont été enregistrées.
Au-delà des blessures physiques, les conséquences sont lourdes sur les plans économique et social. Lorsqu’une vendeuse est immobilisée, c’est toute une famille qui se retrouve privée de revenus. À cette situation s’ajoutent souvent des frais médicaux élevés, difficiles à assumer pour des ménages déjà précaires.
Sur l’avenue Maldoum Bada Abass, un citoyen, Ahmat Sadick, tire la sonnette d’alarme : « C’est très risqué. Souvent, certains perdent le contrôle du volant et percutent ces vendeuses. J’appelle les autorités compétentes à trouver une solution, soit en créant un petit marché pour ces femmes, soit en renforçant la sécurité. »
Face à la persistance du phénomène, des voix s’élèvent pour réclamer la création d’espaces de vente sécurisés et un meilleur encadrement de la circulation routière. En attendant des mesures concrètes, ces femmes continuent de braver le danger chaque jour, animées par une seule priorité : subvenir aux besoins de leurs familles, malgré la crainte permanente d’un accident.
TWM / Ahmat Mbodou Mahamat, stagiaire

