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N’Djamena : Les délestages persistent malgré la création de la TCHADELEC

Créée par le décret n°1293 du 7 juillet 2025, la Société Tchadienne d’Électricité (TCHADELEC) avait pour mission d’améliorer durablement l’accès à l’électricité dans la capitale. Près de neuf mois après sa mise en place, la réalité reste pourtant marquée par des délestages quotidiens qui plongent régulièrement N’Djamena dans l’obscurité, au grand désarroi des populations.

Avec la croissance démographique et la prolifération des entreprises, l’électricité est devenue indispensable au fonctionnement des ménages et des activités économiques. Mais force est de constater que la société peine encore à assurer pleinement son rôle de service public. Alors que N’Djamena aspire à devenir une ville moderne et connectée, l’instabilité énergétique actuelle soulève des interrogations sur l’efficacité des réformes engagées.

Dans plusieurs quartiers de la capitale, l’électricité n’est disponible que trois à quatre jours par semaine, rendant pénible le déroulement des activités quotidiennes et provoquant des dommages matériels liés aux coupures imprévues.

À Amriguébé, dans le 5ᵉ arrondissement, Youssouf, propriétaire d’un cybercafé, décrit une situation difficile : « Ici, nous avons l’électricité une à deux fois par semaine. Cela ralentit énormément notre travail. Parfois, le courant est rétabli puis coupé brusquement, ce qui endommage nos équipements informatiques. »

Les délestages intempestifs constituent également une menace pour les organes de presse, où les machines et appareils électroniques sont fréquemment exposés aux risques de pannes. Pour de nombreux usagers, une meilleure communication de la société d’électricité, à travers des communiqués annonçant les coupures, permettrait de limiter les dégâts.

Adoum, journaliste en service de production, exprime son mécontentement : « C’est vraiment regrettable. En plein montage, le courant est coupé alors que tout le matériel est allumé. Cela retarde le travail et réduit la durée de vie de nos appareils, dont certains coûtent extrêmement cher. »

Face à cette instabilité, certains citoyens se tournent vers des solutions alternatives, notamment l’énergie solaire. Kanika, directeur d’un centre de formation, explique son choix : « Je ne compte plus sur le courant. J’ai investi dans des panneaux solaires. C’est coûteux, mais rassurant. Je peux travailler à tout moment sans craindre l’endommagement de mes appareils. »

Pour d’autres, le retour de l’électricité est devenu un véritable événement. Dans certains foyers, à la moindre lueur, les enfants crient de joie : « Nar djabo ! » (« l’électricité est revenue »), signe du soulagement après plusieurs jours passés sans lumière.

Face à ces réalités, la TCHADELEC est appelée à revoir urgemment son système de distribution afin d’assurer une fourniture plus stable de l’électricité à N’Djamena.

En cette période de Ramadan, une meilleure planification des délestages et une communication anticipée auprès des consommateurs apparaissent comme des mesures essentielles pour soulager les ménages et soutenir les activités économiques.

TWM / Izadine Idriss Nahor, stagiaire

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