Moyen-Chari : « L’étudiant de Mbang-Irah », une œuvre qui brise le silence
Le Palais des arts de Sarh a accueilli, le 16 mai 2026, la dédicace du premier livre de Samuel Ndolebaye, L’étudiant de Mbang-Irah, sous le parrainage du Préfet Oumar Ali Nanina. Devant un public nombreux, l’auteur a présenté une œuvre qui dépeint avec réalisme les défis et les dérives des universités contemporaines.
Cette pièce de théâtre plonge dans le quotidien d’étudiants fraîchement admis, confrontés à un univers académique en crise, pauvreté intellectuelle, corruption, grèves, dérives et administrations inertes. Pourtant, au cœur de ce désespoir, Samuel Ndolebaye montre des jeunes dont la solidarité et la détermination deviennent une lueur d’espoir.
Bien qu’ancrée dans un contexte local, l’œuvre parle de la condition des universités du tiers monde et porte la voix de ceux qu’on entend peu des étudiants marqués par le courage, les doutes et l’espoir tenace d’un avenir meilleur.
Né le 24 octobre 1995 à Ndangtori, dans le Mandoul, Samuel Ndolebaye arrive à Sarh en auteur engagé. Ancien élève de Notre-Dame des Apôtres et du lycée St Charles Lwanga, licencié en géographie, il voit la littérature comme une arme pour préserver mémoires et cultures. Lors de la cérémonie, il a insisté : son livre dépasse la fiction. Il veut témoigner, rendre hommage et provoquer une prise de conscience collective pour mieux accompagner les étudiants. Il a remercié ses soutiens et confié son œuvre au public, espérant qu’elle vive à travers leurs regards.
Le Préfet Oumar Ali Nanina a souligné l’importance du parrainage pour valoriser ces voix souvent étouffées. Reprenant l’idée que « nul ne fera à notre place » ce travail de conservation, il a salué le courage de l’auteur et invité le public à soutenir la littérature locale. Citant Cheikh Anta Diop, il a rappelé : « Un peuple qui n’écrit pas son histoire est un peuple qui n’existe pas », transformant la lecture en devoir civique : acheter, lire et offrir ces livres pour qu’ils traversent le temps.
L’auteur a lancé un appel vibrant pour la littérature tchadienne : lire nos auteurs, les promouvoir et transmettre des histoires qui, sans témoins, risquent de disparaître. Plus qu’une simple dédicace.
Cet événement fut un avertissement et une déclaration d’amour à la parole étudiante preuve que, parfois, la plume rallume la lumière là où le système s’éteint. Vive la littérature tchadienne.
TWM/ Ndilbé Appolinaire

