Moundou : Des commerçants dénoncent une taxe communale « illégale » de 2 000 F sur le sésame
Des commerçants de la capitale économique s’insurgent contre une taxe communale de 2 000 francs CFA imposée par la Commune de Moundou sur chaque sac de sésame destiné à l’exportation, au lieu de la taxe réglementaire de droit de place qui est de 200 F. Selon eux, cette taxe, dont la collecte a été confiée à une entreprise privée, constitue une charge supplémentaire injustifiée qui pénalise leurs activités.
D’après les témoignages recueillis, les commerçants affirment qu’ils sont désormais contraints de verser 2 000 F CFA par sac de sésame au nom de la Commune. « On ne comprend pas pourquoi cette taxe est appliquée sans consultation ni affichage officiel », s’indigne un commerçant.
Plusieurs acteurs du secteur estiment que cette mesure intervient dans un contexte économique déjà difficile, marqué par la baisse du pouvoir d’achat et la hausse du coût du transport. « Nous travaillons à perte. Après le paiement des frais de transport, de manutention et des impôts habituels, cette nouvelle taxe alourdit encore la situation », confie un autre opérateur.
Ce qui étonne davantage les commerçants, c’est que la collecte ne soit pas assurée par les agents municipaux, mais par une entreprise privée. Plusieurs sources évoquent un partenariat entre la Mairie et cette société pour la mobilisation des recettes locales. L’absence de transparence alimente la méfiance et pousse certains opérateurs à dénoncer un risque de détournement ou de double imposition.
Pourtant, le gouvernement a rappelé à la Commune l’importance de la régulation des taxes communales sur les produits à l’exportation, mais cette démarche est restée sans suite.

Les commerçants appellent les autorités municipales à s’exprimer clairement sur la légalité de cette taxe et sur le cadre de collaboration avec la société chargée du recouvrement. « Nous ne sommes pas contre le paiement des taxes, mais il faut que tout soit fait dans la transparence et conformément aux textes », plaide un représentant du groupement des commerçants.
Plusieurs observateurs invitent, par ailleurs, la Commune à privilégier la concertation et la communication avec les acteurs économiques afin d’éviter les tensions et malentendus susceptibles de nuire à la mobilisation des recettes locales.

