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Abéché : Des voix s’élèvent contre l’absence de femmes dans la nomination des chefs d’arrondissements

La publication récente de l’arrêté municipal portant nomination des administrateurs délégués chefs d’arrondissements et de leurs assistants dans la commune d’Abéché suscite des réactions au sein de la société civile. Des défenseures des droits des femmes dénoncent l’absence totale de femmes parmi les responsables désignés.

Dans une déclaration rendue publique, Salima Saleh Mahamoud, juriste et défenseure des droits des femmes, exprime sa profonde préoccupation face à cette situation qu’elle considère comme une exclusion manifeste des femmes de la gestion des affaires publiques locales.

Selon elle, après analyse de l’arrêté municipal, aucune femme ne figure parmi les personnes nommées. Une situation qui, souligne-t-elle, va à l’encontre des principes constitutionnels d’égalité et de non-discrimination consacrés par la Constitution de la République du Tchad.
« La Constitution garantit l’égalité de tous les citoyens devant la loi, sans distinction de sexe, et assure la participation de chacun à la gestion des affaires publiques », rappelle-t-elle.

La juriste souligne également que le Tchad est signataire de plusieurs instruments juridiques internationaux, notamment la Convention sur l’élimination de toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes (CEDAW) ainsi que la Charte africaine des droits de l’homme et des peuples, qui encouragent la participation des femmes dans les instances de décision.

Pour les actrices de la société civile, l’esprit de la décentralisation repose sur une gouvernance locale inclusive et participative, reflétant la diversité de la société. L’exclusion totale des femmes dans ces nominations administratives apparaît ainsi en contradiction avec ces principes.

Face à cette situation, elles appellent les autorités compétentes à réviser l’arrêté municipal afin d’assurer une représentation plus équilibrée entre les femmes et les hommes. « La participation des femmes à la gestion des affaires publiques n’est ni un privilège ni une faveur. C’est un droit fondamental et un impératif pour une gouvernance démocratique, équitable et durable », conclut Salima Saleh Mahamoud.

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