Société : Femmes concasseuses, la force de survivre dans la dignité
Dès les premières lueurs de l’aube, elles quittent leurs domiciles pour rejoindre leurs modestes sites de travail. Ces femmes ont fait le choix d’une activité aussi pénible qu’essentielle : le concassage de pierres.
Assises sous de petits hangars de fortune faits de cartons ou de vieux pagnes, parfois simplement à l’ombre d’un arbre et à ciel ouvert, elles s’adonnent à un labeur exigeant une grande endurance physique.
À coups répétés de marteau, elles transforment en gravier des briques et blocs de béton récupérés sur les grands chantiers de construction. Les pierres concassées sont ensuite soigneusement rassemblées dans des sacs vides de ciment, revendus au prix modeste de 500 francs CFA l’unité.
Bravant la chaleur accablante, la poussière et les intempéries, ces femmes pour la plupart âgées incarnent la résilience et la dignité dans une société marquée par de fortes contraintes économiques. « Nous cassons les pierres, puis nous les mettons dans des sacs de ciment que nous revendons à 500 francs. Nous faisons cela simplement pour pouvoir rentrer à la maison avec quelque chose », confie Kadidja, concasseuse, tout en remplissant un sac de graviers.
Chaque coup de marteau exige force et persévérance. Malgré la pénibilité du travail, elles refusent d’abandonner, déterminées à subvenir à leurs besoins les plus élémentaires. « C’est grâce à ce travail que, depuis des années, j’arrive à me nourrir et à soigner mes deux petits-fils. On ne gagne pas beaucoup, mais alhamdoulilah, nous ne nous couchons pas le ventre vide », témoigne Halime, sexagénaire au visage couvert de poussière.
Par leur courage et leur ténacité, ces femmes concasseuses constituent un exemple de lutte et de persévérance pour la jeunesse tchadienne. Leur parcours délivre un message fort : ne jamais renoncer, quelles que soient les difficultés.
Toutefois, l’appui des personnes de bonne volonté, des organisations communautaires et des associations d’entraide demeure essentiel afin de favoriser leur autonomisation et d’améliorer durablement leurs conditions de vie.
TWM / Izadine Idriss Nahor, Stagiaire

