Tchad : Les Tchadiens expulsés d’Arabie Saoudite réclament leurs parcelles
Plus de cinquante ans après les faits, les Tchadiens expulsés d’Arabie Saoudite durant le régime de Ngarta Tombalbaye attendent toujours d’entrer en possession des parcelles qui leur avaient été officiellement attribuées. Lors d’un point de presse organisé le 6 décembre à N’Djamena, ils ont exprimé leur frustration face à une promesse non tenue, malgré plusieurs démarches judiciaires.
Selon Me Sirina Jean, ancien avocat du collectif, ces terrains sont situés au quartier Hille Houdjaj, dans le 10e arrondissement de N’Djamena. Ils ont été attribués par décret présidentiel en novembre 1966. Un plan cadastral avait été établi à leur nom, et une liste de 217 bénéficiaires avait été constituée. Mais les troubles de 1979 ont empêché ces anciens pèlerins de prendre possession de leurs terrains.
En 1999, les expulsés ont saisi la justice et ont obtenu gain de cause, une décision favorable ayant été rendue par la Cour d’appel, puis portée devant la Cour suprême. Toutefois, les deux parties concernées, représentant respectivement 40 % et 60 % des parcelles, avaient signé en 2020 un protocole d’accord devant notaire pour mettre fin à la procédure et permettre une exécution à l’amiable.
Mais l’application de cet accord pose problème, selon Me Mbaindingadjim Koimbaye, nouvel avocat du groupe. Il accuse le facilitateur désigné, Souleyman Abdoulaye Tahir, de s’être accaparé certaines parcelles et de les avoir redistribuées à des tiers, en totale infraction à l’accord notarié.
L’avocat demande la suspension immédiate de ce dernier de toute fonction liée à ce dossier, l’ouverture d’une enquête judiciaire indépendante, la restitution des terrains attribués illégalement et la mise en place d’un nouveau mécanisme de gestion transparent impliquant les signataires de l’accord.
TWM/ Mahamat Moukhtar stagiaire

