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Santé : Préserver la santé publique passe par l’usage de latrines propres

La pratique de la défécation à l’air libre demeure un problème majeur de santé publique au Tchad. Elle contamine l’eau, la nourriture et l’environnement, favorisant la propagation de maladies graves telles que le choléra, la typhoïde et diverses infections parasitaires.

Au-delà du risque sanitaire, cette pratique met en péril la sécurité et la dignité des populations, en particulier celles des femmes et des enfants, souvent exposés à des violences lorsqu’ils cherchent des endroits isolés pour se soulager.

Le manque d’infrastructures adaptées, la mauvaise qualité ou la saleté des toilettes existantes, ainsi que leur éloignement, expliquent en grande partie cette situation. Pourtant, l’utilisation régulière de latrines propres demeure l’un des moyens les plus efficaces pour prévenir les maladies hydriques et améliorer l’hygiène communautaire.

L’usage des latrines permet d’isoler les excréments humains et de réduire considérablement les risques de contamination. Pour qu’elles remplissent pleinement leur rôle, il est essentiel de les entretenir régulièrement, de se laver les mains après chaque utilisation et d’en garantir la sécurité ainsi que l’intimité. Les infrastructures doivent également être accessibles à tous, y compris aux personnes à mobilité réduite.

Selon Nguetora Guiradimadji Antoine, coordonnateur national de la riposte contre le choléra, quatre provinces demeurent actuellement actives face à l’épidémie : le Guéra, le Sila, l’Ouaddaï et le Goz-Beida. Au 23 octobre 2025, le Tchad a enregistré 2 792 cas de choléra, dont 157 décès, parmi lesquels 69 survenus en communauté, loin des structures sanitaires.

Dans le quartier Goudji, au 10ᵉ arrondissement de N’Djamena, la situation reste préoccupante. Hissein Moustapha, élève au collège, témoigne : « Chaque matin, on doit sauter des eaux usées qui coulent des latrines pour aller à l’école. C’est difficile d’emprunter ces passages chaque jour, surtout pour mes petits », confie-t-il. Son récit illustre la réalité vécue par de nombreuses familles encore privées d’un assainissement adéquat.

Promouvoir l’usage et l’entretien des latrines propres n’est pas seulement une question d’hygiène : c’est un engagement collectif pour la santé publique, la dignité et la sécurité de tous.

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