Sihem Bensedrine, figure de la défense des droits de l’homme en Tunisie et ancienne présidente de la Commission Vérité et Dignité (IVD), a annoncé vendredi avoir été condamnée à 25 ans de prison. Elle est notamment accusée d’avoir falsifié une partie du rapport final de cette commission chargée d’enquêter sur les violations des droits humains commises sous les régimes de Habib Bourguiba et de Zine El Abidine Ben Ali.
Contestant cette décision, Sihem Bensedrine affirme que les poursuites engagées contre elle sont contraires à la loi. Elle estime que les autorités n’ont pas compétence pour juger les membres de l’IVD. En plus de la peine de prison, elle a également été condamnée à une importante amende.
Âgée de 75 ans, la militante était en détention provisoire depuis plus de six mois, après son arrestation en août 2024. Elle a annoncé qu’elle ferait appel de cette condamnation, précisant que cette procédure suspendra l’exécution de la peine en attendant le procès en appel.
De son côté, l’organisation Human Rights Watch a dénoncé ce verdict. Dans un communiqué, elle estime que cette condamnation illustre la volonté du gouvernement du président Kaïs Saïed de restreindre les droits de l’homme et les efforts en faveur de la justice transitionnelle en Tunisie.
Avec Africanews
