À la suite du déguerpissement intervenu le 24 juin 2026 au carré 47 de Toukra Mousgoum, dans le 9ᵉ arrondissement de N’Djamena, une délégation de la Commission nationale des droits de l’homme (CNDH) s’est rendue sur les lieux le vendredi 3 juillet afin de constater les conséquences de l’opération, d’écouter les victimes et de leur témoigner la solidarité de l’institution.
Conduite par le commissaire Banadji Boguel Pyrrhus, la mission a échangé avec plusieurs familles désormais sans abri. Sur place, les commissaires ont découvert des femmes, des enfants et des personnes âgées vivant à ciel ouvert, au milieu des décombres de leurs habitations, dans des conditions de grande précarité.
Les victimes affirment que le déguerpissement s’est déroulé sans information préalable suffisante, les empêchant de mettre leurs biens à l’abri. Parmi elles, Fatimé Guetimbaye, une veuve de plus de 70 ans, raconte avoir découvert la démolition de ses quatre chambres alors qu’elle se trouvait hors de N’Djamena.
Le chef du carré 47, Bande Raymond, demande que toute la lumière soit faite sur les circonstances de cette opération, estimant que les procédures administratives n’ont pas été respectées.
Au nom du président de la CNDH, Belngar Larmé Jacques, le chef de mission a exprimé la compassion de l’institution envers les familles sinistrées et réaffirmé son engagement à suivre ce dossier dans le cadre de son mandat de promotion et de protection des droits humains.
Dans l’attente de solutions durables, les familles affectées continuent de vivre à ciel ouvert, exposées aux intempéries et à une grande vulnérabilité.
