Tchad : Les responsables religieux appelés à promouvoir l’engagement citoyen
Le ministre délégué auprès du ministre de l’Administration du territoire, chargé de la Décentralisation, Dr Ahmat Oumar Ahmat, a tenu un discours à l’endroit des responsables religieux, à l’issue d’une rencontre tenue ce 31 décembre 2025 avec le Conseil supérieur des affaires islamiques.
Selon le ministre, cette réunion vise à rappeler aux autorités religieuses leurs responsabilités, face à des dérives constatées ces derniers jours. Il a souligné que le Conseil supérieur des affaires islamiques demeure l’organe unique chargé de la gestion des affaires religieuses sur l’ensemble du territoire national. Or, a-t-il regretté, un relâchement de ses missions a été observé, notamment face à la prolifération de discours religieux diffusés sur les réseaux sociaux, porteurs de messages de division et de haine.
Dr Ahmat Oumar Ahmat, a annoncé des mesures strictes à compter de ce jour. Désormais, toute personne étrangère souhaitant entrer au Tchad pour délivrer des messages religieux devra impérativement disposer d’une autorisation préalable de l’autorité islamique compétente. À défaut, l’accès au territoire lui sera refusé. Le ministre a également dénoncé la construction de mosquées sans l’aval du Conseil supérieur des affaires islamiques, pratique qu’il a exigé de voir cesser immédiatement.
Il a averti que si le Conseil ne parvient pas à assumer pleinement ses responsabilités, l’État se réserve le droit d’intervenir et de prendre les dispositions nécessaires, y compris en procédant à des changements à la tête des structures concernées. Le Ministre, Dr Ahmat Oumar Ahmat : « toute tentative de déstabilisation du pays à travers des discours religieux ou des messages de haine trouvera l’État sur son chemin. » a-t-il insisté
Abordant la question de la mendicité, notamment celle impliquant des enfants à N’Djamena, le ministre a exprimé sa préoccupation face à un phénomène qu’il estime nuisible à l’image du pays. Il a demandé au Conseil d’interpeller les maîtres coraniques afin que les enfants soient maintenus dans les écoles coraniques et non dans la rue. Il a rappelé que des structures existent pour l’enseignement du Coran et que l’exploitation des enfants à des fins de mendicité n’est plus tolérée.
Enfin, la question du financement et de la construction des mosquées par des associations étrangères a également été évoquée. Le ministre a précisé que toute initiative de ce type devra désormais se faire dans le strict respect des procédures, avec une autorisation préalable des autorités compétentes.
À l’issue de la rencontre, les responsables religieux ont pris acte du message et exprimé leur volonté de reprendre pleinement leurs responsabilités afin de mettre un terme au désordre constaté.
TWM/ Abakar Adoum Soumaïne

