Les fortes pluies qui frappent le sud-ouest du Soudan du Sud rendent presque impraticable la route reliant Yambio à la région du Grand Mundri, compromettant l’acheminement de l’aide humanitaire vers des milliers de personnes déplacées par les violences, selon la Mission des Nations unies au Soudan du Sud (MINUSS).
Cette route constitue le principal axe d’approvisionnement des communautés isolées de l’État de l’Équatoria-Occidental. Elle est essentielle pour le transport de vivres, de médicaments et de l’assistance humanitaire, ainsi que pour les déplacements des commerçants, des services de santé et des casques bleus.
Face à la dégradation des pistes, les équipes de la MINUSS peinent à accéder aux zones les plus reculées. « Les routes sont en très mauvais état. Nous ne pouvons pas toujours atteindre toutes les localités, mais nous poursuivons nos efforts », a expliqué Anthony Nwapa, responsable par intérim du bureau de terrain de la MINUSS à Yambio.
Malgré ces difficultés, les patrouilles continuent de rejoindre les secteurs touchés par les violences liées aux conflits entre éleveurs et agriculteurs. Sur place, elles évaluent les besoins des populations déplacées et mènent des actions de médiation avec les autorités locales afin de prévenir de nouveaux affrontements.
Les intempéries perturbent également les activités économiques. Les transporteurs en provenance de Juba mettent désormais jusqu’à quatre jours pour atteindre Yambio, entraînant d’importantes pertes de marchandises. « Nous souffrons beaucoup sur cette route. Beaucoup de produits se détériorent avant notre arrivée », a témoigné Buya Erenge, commerçante de l’Équatoria-Occidental.
Parmi les personnes déplacées figure Florence John, veuve et mère de sept enfants, qui a fui son village il y a trois mois à la suite des violences. Selon la MINUSS, la pénurie de nourriture et le manque d’accès aux soins aggravent la situation humanitaire des familles installées dans cette région.
Indépendant depuis 2011, le Soudan du Sud reste confronté à une instabilité persistante. L’accord de partage du pouvoir signé en 2018 entre le président Salva Kiir et son rival Riek Machar s’est progressivement fragilisé depuis le début de l’année 2025, ravivant les inquiétudes d’une reprise des affrontements à grande échelle.
Avec Africanews
