Quand N’Djamena s’endort, leur journée commence. Devant les maisons, boutiques, bureaux, hôtels et chantiers, les gardiens de nuit prennent position pour assurer la surveillance des lieux qui leur sont confiés.
Discrets et souvent peu considérés, ces travailleurs passent de longues heures dans l’obscurité à surveiller les alentours, effectuer des rondes et contrôler les mouvements. Pourtant, leur présence est un maillon essentiel de la protection des biens et des personnes.
Dans plusieurs quartiers de la capitale, notamment à Farcha, Moursal, Walia, Chagoua et Diguel, les gardiens de nuit font désormais partie du décor. Lampe torche à la main, parfois munis d’un sifflet ou d’un registre, ils restent à l’affût du moindre bruit ou mouvement suspect.
À Farcha, un gardien rencontré sur son lieu de travail explique que la vigilance est permanente : « Nous commençons généralement le service le soir pour rester jusqu’au matin. Même quand tout semble calme, nous devons rester attentifs. Un simple bruit peut nécessiter une vérification », témoigne-t-il. Un autre souligne la pénibilité du travail nocturne : « Le plus dur, c’est de rester éveillé pendant des heures. La fatigue est pesante, surtout quand on enchaîne plusieurs nuits de suite. »
Au-delà de la surveillance, ces travailleurs font face à de nombreux défis : horaires à rallonge, fatigue accumulée, exposition aux intempéries, manque d’équipement et, parfois, rémunérations faibles ou retards de salaire.
À Walia, un gardien confie que ce métier reste peu valorisé malgré son importance : « Les gens voient seulement quelqu’un assis devant un portail. Ils ne voient pas les heures que nous passons dehors, sous le froid, la chaleur ou la pluie. Nous assumons pourtant une lourde responsabilité », souligne-t-il.
Au Tchad, le gardiennage est aussi une source d’emploi pour de nombreux jeunes et adultes. Des entreprises spécialisées proposent désormais des services de surveillance dans les résidences et les commerces. Pour beaucoup, cette activité représente une chance dans un contexte où l’accès à un emploi stable reste un vrai défi.
À Diguel, un jeune gardien explique avoir choisi ce métier faute d’autres possibilités : « Ce n’est pas le travail dont je rêvais, mais c’est un emploi honnête. Je préfère travailler la nuit plutôt que de rester sans activité », affirme-t-il.
Malgré les difficultés, ces hommes considèrent leur mission comme une vocation. Leur rôle est crucial : surveiller les lieux, alerter les propriétaires en cas d’incident et, si nécessaire, prévenir les services compétents.
Alors que la majorité des habitants dort, ces travailleurs restent éveillés pour veiller sur la tranquillité de tous. À N’Djamena, derrière chaque portail, chaque boutique ou chaque chantier sécurisé, se trouve un homme qui sacrifie ses nuits pour gagner sa vie et protéger ce qui lui est confié.
C’est un métier discret, difficile et trop souvent oublié, qui mériterait davantage de reconnaissance. Une question demeure : qui protège et valorise ceux qui passent leurs nuits à nous protéger ?
TWM/ Amani Mahamat Moussa, stagiaire
