Trois enfants sont décédés à Sarh, après avoir subi une circoncision dans le quartier Kissimi, dans le 6ᵉ arrondissement. Deux autres enfants auraient subi la même intervention dans des conditions similaires. Les médecins suspectent des cas de tétanos et appellent les familles à se rendre rapidement dans les structures de santé.
Selon les informations recueillies, l’intervention aurait été réalisée par un ancien gardien de l’hôpital provincial Outel Bono de Sarh. Les premiers symptômes sont apparus dans les jours qui ont suivi la circoncision.
Manra Éric, père de trois des victimes, affirme connaître le praticien. Celui-ci lui aurait proposé de circoncire ses enfants avant la rentrée scolaire. Malgré des difficultés financières, le père dit avoir acheté les médicaments demandés.
Dans la nuit suivant l’intervention, les enfants ont commencé à souffrir de fortes douleurs. Le père a alors contacté le praticien, qui serait venu leur administrer des injections de dexaméthasone avant de retirer les bandages.
Quelques jours plus tard, deux des enfants sont décédés et ont été inhumés. Le troisième a succombé à son tour. Son corps a été déposé à la morgue de Sarh sur instruction du commissaire central.
À l’hôpital provincial Outel Bono, Dr Nandé Doubre Modeste, chef de l’unité de néonatologie, rapporte l’admission de trois enfants présentant des signes faisant suspecter un tétanos. Tous avaient en commun un antécédent récent de circoncision dans le quartier.
Le tétanos est une infection bactérienne grave qui peut survenir lorsque la bactérie Clostridium tetani pénètre dans une plaie, notamment en cas de mauvaises conditions d’hygiène. Le médecin rappelle que la circoncision est un acte chirurgical qui doit être réalisé dans un environnement adapté, par un personnel qualifié et avec du matériel stérile.
Les professionnels de santé déconseillent ainsi les circoncisions pratiquées dans les quartiers et invitent les parents à privilégier les structures sanitaires afin de réduire les risques d’infection et de complications.
En attendant les conclusions des investigations, ces trois décès mettent en lumière les dangers liés aux actes médicaux pratiqués en dehors d’un cadre sanitaire approprié.
TWM/ Ndilbé Appolinaire
