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Moyen-Chari : Ultime mobilisation pour sauver le Grand Tam Tam en péril

À quelques jours de l’ouverture du Forum « Grand Tam Tam », qui se tiendra du 24 au 29 novembre à Sarh, autour du thème « Identité culturelle et développement solidaire », le comité d’organisation a animé une rencontre avec les journalistes le 22 novembre au quartier Kasaï. Une communication stratégique destinée à attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur les communautés Tounia et Hormane, aujourd’hui réduites à moins de 100 000 membres.

Sous la conduite de Ousmane Kabo, vice-président du comité, accompagné de Souleymane Nahor Ngawang, la conférence a pris des signaux d’appel à la vigilance. Les organisateurs ont insisté : ce forum n’est pas une simple initiative culturelle, mais une démarche d’urgence vise à raviver un peuple dont l’identité s’effrite et dont le patrimoine se fragilise dangereusement. Pour eux, il s’agit d’un véritable sursaut collectif.

Les responsables ont rappelé que cette rencontre vise d’abord à renforcer la cohésion interne avant toute sollicitation de partenaires extérieurs. « Aide-toi toi-même avant de demander de l’aide », a martelé Ousmane Kabo, souligne que la reconstruction doit partir de la base. Le forum ambitionne de rétablir l’unité, de réaffirmer l’identité Tounia et de solidifier un tissu social mis à mal par les mutations actuelles.
La disparition progressive de la langue Tounia, notamment dans le canton de Kokaga, constitue l’enjeu le plus alarmant. Une extinction lente mais lourde de conséquences, car l’effacement d’une langue entraîne la perte d’un imaginaire, de valeurs, d’histoires et de la mémoire d’un peuple. C’est pourquoi les organisateurs demandent une réaction nationale pour protéger ce « petit groupe », considéré comme un véritable trésor humain.

Loin d’être une fête traditionnelle, le Grand Tam Tam se veut un cadre d’analyse, d’écoute et de réflexion. Souleymane Nahor Ngawang  a précisé que l’objectif est de diagnostiquer la situation réelle, d’identifier les défis et de proposer des réponses durables pour garantir la survie culturelle et sociale de la communauté.

Les organisateurs ont insisté sur un point important : les solutions venues de l’extérieur échouent souvent faute d’ancrage local. Pour eux, un développement authentique doit jaillir de l’histoire, de l’expérience et des aspirations propres à la communauté. Le forum entend ainsi redonner à la population Tounia la maîtrise de son destin.

Le comité souhaite mobiliser l’ensemble des acteurs : autorités, partenaires, mais aussi chaque membre de la communauté. Au-delà de l’événement, se dessine le combat d’un peuple qui refuse l’effacement, qui exige écoute, reconnaissance et protection. Un peuple déterminé à défendre sa langue, son identité, son passé et son avenir.

TWM/ Ndilbé Appolinaire

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