En République démocratique du Congo (RDC), plus de 250 personnes ayant été en contact avec des malades d’Ebola participent à un essai clinique qui vise à déterminer si un traitement expérimental peut empêcher l’apparition de la maladie.
L’essai, lancé en juillet, se déroule à Rwampara, dans la province de l’Ituri, où sévit une épidémie liée au virus Ebola de type Bundibugyo. Baptisé EBO-PEP, le traitement est administré à des personnes récemment exposées au virus.
L’objectif est de voir s’il peut empêcher le développement de la maladie après un contact avec un cas confirmé. Au total, près de 1 000 adolescents de plus de 12 ans et adultes doivent participer à l’étude. Ils sont suivis pendant plusieurs semaines.
Pour certains participants, la décision de prendre part à l’essai est liée à la perte d’un proche. Une femme, qui a souhaité rester anonyme, explique avoir rejoint l’étude après le décès de son oncle, dont le test était positif à Ebola.
« Ce qui m’a poussé à participer, c’est le décès de mon oncle. Comme j’étais un cas contact, cela m’a incitée à venir ici », témoigne-t-elle.
Pour les chercheurs, cet essai représente un véritable espoir, notamment parce que le virus Bundibugyo ne dispose actuellement ni d’un vaccin ni d’un traitement spécifiquement approuvé.
Selon Jacques Zawadi, médecin investigateur avec l’organisation médicale ALIMA, la majorité des participants se disent satisfaits et voient dans cette recherche une possibilité de mieux lutter contre la maladie.
L’épidémie reste cependant préoccupante. Selon les données officielles publiées le 2 octobre, la RDC compte 8 300 cas confirmés et 4 018 décès, soit un taux de létalité de 48,4 %. Plus de 2 000 personnes ont également guéri.
Détectée en mai en Ituri, l’épidémie s’est étendue à sept provinces du nord et de l’est du pays. Les violences, les déplacements de populations et les difficultés d’accès aux centres de santé compliquent la surveillance des cas et le suivi des personnes exposées.
Les autorités sanitaires et leurs partenaires espèrent ainsi que l’essai EBO-PEP permettra de trouver une nouvelle solution pour protéger les personnes exposées au virus et mieux contrôler l’épidémie.
Avec Africanews
