Moyen-Chari : Le gouvernement et le HCR lancent un atelier de vulgarisation de la Loi d’asile
Le gouvernement tchadien, en partenariat avec le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Réfugiés (HCR), a lancé ce lundi à Sarh un atelier majeur de vulgarisation de la Loi d’asile en République du Tchad. L’initiative réunit magistrats, autorités administratives, forces de défense et de sécurité, leaders traditionnels, acteurs de la société civile et partenaires internationaux. Objectif : assurer une compréhension commune et une application harmonisée de la Loi N°027/PR/2020 portant asile, adoptée en 2020 et consolidée par son décret d’application.
Le Secrétaire permanent de la CNARR et délégué provincial, Abdoulaye Mahamat Ali, a souligné le rôle essentiel de cet instrument juridique dans la protection des personnes en quête de sécurité. « Le droit d’asile n’est pas un concept théorique. Il se matérialise à une frontière, lorsqu’une famille épuisée arrive et cherche protection. C’est à ce moment que se joue le principe de non-refoulement », a-t-il rappelé. Pour lui, la loi constitue désormais « une boîte à outils commune », une boussole garantissant des procédures justes, équitables et respectueuses de la dignité humaine.
Selon le responsable de la CNARR, vulgariser la Loi d’asile permet non seulement de lutter contre l’arbitraire par la connaissance, mais aussi d’aider les demandeurs d’asile à mieux connaître leurs droits et devoirs. Il a appelé les participants à s’approprier les mécanismes de la procédure, notamment l’enregistrement, les délais, les critères d’éligibilité, les droits et responsabilités des réfugiés. « À la fin de cette journée, la Loi d’asile ne doit plus être un document abstrait, mais un guide clair pour notre action quotidienne », a-t-il insisté.
Ouvrant les travaux, le Délégué général du gouvernement auprès de la province du Moyen-Chari, Abderamane Ahmat Bargou, a salué l’engagement collectif mobilisé autour de cet atelier. « Votre présence témoigne de l’importance que notre Nation accorde au respect du droit d’asile », a-t-il déclaré, rappelant que le Tchad accueille plus d’un million de réfugiés et personnes déplacées internes fuyant conflits et persécutions dans la sous-région. Fidèle à sa tradition d’hospitalité, le pays s’est doté d’un cadre juridique moderne garantissant l’accès des réfugiés à l’éducation, à l’emploi et aux services financiers.
Le représentant du gouvernement a également affirmé que la Loi de 2020 et son décret d’application constituent « la garantie du respect des engagements internationaux » et un instrument clé pour lever les obstacles à l’inclusion socio-économique des réfugiés. « Vulgariser cette loi, ce n’est pas seulement appliquer un texte, c’est honorer l’hospitalité tchadienne et affirmer notre engagement en faveur de la dignité humaine », a-t-il ajouté.
Cet atelier vise notamment à renforcer la maîtrise du cadre légal par les acteurs concernés, clarifier les concepts et procédures de reconnaissance du statut de réfugié, et améliorer la collaboration entre institutions nationales et partenaires internationaux. Les experts présents sont encouragés à partager leurs expériences de terrain et à nourrir les échanges.
Les travaux devraient déboucher sur des recommandations opérationnelles destinées à renforcer durablement l’environnement de protection des demandeurs d’asile au Tchad. « Je forme le vœu que les résultats de cet atelier améliorent significativement notre système national d’asile », a conclu le Délégué général du gouvernement.
TWM/ Ndilbé Appolinaire

