À 25 ans, Abakar Ahmat Mahamat veut faciliter l’approvisionnement en fruits et légumes grâce au numérique. Titulaire d’un Master 2 en communication des entreprises à l’Université de Douala, le jeune entrepreneur est à l’origine de Rakhaz, une plateforme tchadienne qui met en relation les consommateurs, les professionnels et les producteurs locaux.
L’idée de Rakhaz est née d’une expérience simple. Lors d’un séjour au Tchad, alors qu’il accompagnait régulièrement sa mère au marché, Abakar Ahmat Mahamat remarque que certains fruits et légumes sont parfois difficiles à trouver, tandis que leurs prix varient d’un jour à l’autre.
Il cherche alors à comprendre les raisons de ces difficultés. Il constate notamment que certains produits peuvent être disponibles en grande quantité au même moment, alors que d’autres deviennent rares. Cette situation peut compliquer la vente des récoltes pour les producteurs et l’approvisionnement des consommateurs.
« Je me suis demandé pourquoi certains produits étaient disponibles en abondance à un moment donné, puis devenaient difficiles à trouver quelques jours plus tard », explique-t-il.
De cette réflexion naît l’idée de créer une plateforme numérique pour mieux rapprocher l’offre et la demande.
Avec Rakhaz, Abakar Ahmat Mahamat veut permettre aux habitants de N’Djamena de commander des fruits et légumes plus facilement et de se faire livrer. La plateforme s’adresse aussi aux restaurants, aux hôtels, aux cantines et aux autres professionnels qui ont besoin de produits frais de manière régulière.
Le projet ne se limite pas à la vente en ligne. Il prévoit également un système permettant aux clients de publier leurs besoins, afin que les producteurs puissent mieux connaître les produits recherchés et anticiper la demande.
L’objectif est de faciliter les achats des consommateurs, de simplifier l’approvisionnement des professionnels et d’offrir davantage de débouchés aux producteurs locaux. « Je veux que les producteurs puissent mieux connaître les besoins des clients et disposer de davantage de visibilité pour organiser leur production », souligne le fondateur.
À travers cette initiative, le jeune entrepreneur souhaite aussi soutenir les femmes qui travaillent dans le maraîchage. Pour lui, ces productrices jouent un rôle important dans l’approvisionnement des marchés, mais elles doivent pouvoir accéder plus facilement aux clients.
Rakhaz ambitionne ainsi de leur offrir de nouvelles possibilités pour vendre leurs récoltes et mieux valoriser leur travail. « J’ai toujours souhaité voir les femmes tchadiennes progresser dans l’entrepreneuriat. Je veux que Rakhaz puisse aider nos mamans maraîchères à trouver plus facilement des clients et à mieux valoriser leur travail », affirme-t-il.
Pour Abakar Ahmat Mahamat, le numérique peut donc contribuer au développement de l’économie locale, à condition de proposer des solutions adaptées aux réalités du pays.
Pour le moment, Rakhaz se concentre sur les fruits et légumes. Mais son fondateur envisage déjà d’élargir progressivement les activités de la plateforme à d’autres produits, notamment la viande et certains produits destinés aux besoins quotidiens des ménages.
Il souhaite également développer le projet dans d’autres pays de la sous-région, notamment au Cameroun, où il poursuit son parcours universitaire.
Son ambition est de faire de Rakhaz une référence dans la distribution des produits frais, tout en créant de nouvelles opportunités pour les producteurs locaux. Actuellement en phase de lancement à N’Djamena, la plateforme doit désormais convaincre les consommateurs, les professionnels et les producteurs. Pour ce jeune entrepreneur de 25 ans, le défi est de transformer une idée née au marché en une solution numérique utile au quotidien.
