Dans une mise au point, l’ancien responsable de l’Autorité indépendante de lutte contre la corruption (AILC), Ousmane Djougourou apporte des précisions concernant les informations relatives à son remplacement à la tête de l’institution. Il affirme que l’AILC avait engagé plusieurs missions de contrôle et de vérification, notamment auprès de la Société des Hydrocarbures du Tchad (SHT), de Tchad Petroleum Company (TPC) et de la SONEMIC.
Selon lui, la mission menée à la SHT aurait révélé des « présumés détournements massifs » dans la gestion et la commercialisation des ressources pétrolières, ainsi que des écarts importants entre les prix de vente du brut tchadien et les références internationales. Il affirme que ces éléments ont été documentés par les équipes de l’AILC.
Le responsable indique également que l’intervention de personnes armées lors des opérations de contrôle aurait interrompu les investigations. Il affirme avoir saisi le Président de la République par un rapport circonstancié afin de demander des sanctions contre les responsables des faits dénoncés.
Concernant son départ de l’AILC, il précise avoir lui-même demandé à être déchargé de ses fonctions, estimant que la poursuite de la mission était devenue difficile dans ces conditions. Il souligne par ailleurs faire l’objet de graves menaces depuis les événements survenus à la SHT.
Dans sa déclaration, il insiste sur la nécessité de préserver les ressources pétrolières, minières et financières comme un patrimoine appartenant au peuple tchadien. Il appelle à davantage de transparence, de redevabilité et de lutte contre l’impunité.
Aussi, il soutient que son départ de l’AILC ne saurait effacer les faits et documents recueillis au cours des investigations et réaffirme son engagement en faveur de la transparence et de la lutte contre la corruption.
