Les acteurs africains et internationaux de la santé animale appellent à renforcer les investissements et la coopération régionale pour accélérer l’éradication de la peste des petits ruminants (PPR), une maladie virale hautement contagieuse qui affecte les moutons et les chèvres et menace les moyens de subsistance de millions d’éleveurs.
Dans un communiqué de presse daté du 22 septembre 2026, les partenaires ont souligné l’importance d’un financement durable, de partenariats renforcés et d’une mise en œuvre coordonnée des stratégies nationales et régionales. Cet appel intervient dans le cadre d’un dialogue de haut niveau organisé à Rome, au siège de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), en marge de la Conférence mondiale sur la transformation des systèmes agroalimentaires.
La PPR représente un défi majeur pour l’élevage en Afrique. Selon le communiqué, plus de 70 pays ont signalé la présence de la maladie sur leur territoire, tandis que plusieurs autres restent exposés au risque d’introduction. À l’échelle mondiale, les pays concernés abritent environ 1,7 milliard de moutons et de chèvres, soit près de 80 % de la population mondiale de ces animaux.
Au-delà des pertes animales, la maladie fragilise les revenus des ménages, perturbe les échanges commerciaux et compromet la sécurité alimentaire et nutritionnelle des communautés rurales. Bien qu’elle ne soit pas transmissible à l’être humain, ses conséquences économiques et sociales sont considérables.
Des investissements pour accélérer l’éradication
Les partenaires rappellent que des vaccins efficaces, sûrs et abordables sont disponibles. Toutefois, l’accès aux vaccins et aux services vétérinaires demeure difficile dans certaines communautés isolées ou mal desservies. Ils préconisent notamment un approvisionnement régulier en vaccins, le renforcement de la chaîne du froid, la formation du personnel vétérinaire et l’amélioration des systèmes de surveillance.
Le dialogue de Rome vise également à réduire l’écart entre les engagements politiques et leur mise en œuvre effective, à mobiliser des ressources nationales et internationales durables et à renforcer la responsabilité des pays dans l’atteinte des objectifs fixés.
Selon une étude de rentabilité mondiale publiée en 2016 et citée dans le communiqué, un programme d’éradication de la PPR sur 15 ans, estimé à 2,26 milliards de dollars, pourrait générer environ 76,5 milliards de dollars de bénéfices économiques actualisés.
Les investissements engagés pourraient aussi consolider les capacités de prévention d’autres maladies animales transfrontalières, notamment la fièvre aphteuse et la peste porcine africaine, tout en renforçant les laboratoires et les réseaux de surveillance.
À l’approche de l’objectif mondial d’éradication, les organisations partenaires appellent les gouvernements, les banques de développement, les institutions financières et le secteur privé à transformer leurs engagements en actions concrètes et mesurables, afin de protéger durablement les éleveurs, les communautés rurales et les économies africaines.
Les discussions ont également mis l’accent sur l’approche « Une seule santé », qui associe la santé animale, la santé humaine et la protection de l’environnement.
