Le Cadre de Concertation des Organisations de la Société Civile (CCOCS) a organisé, à Moundou, un forum multi-acteurs consacré à la participation citoyenne et à la gouvernance démocratique. Tenue au Centre Martin Luther King, la rencontre est présidée par le délégué général du gouvernement auprès de la province du Logone Occidental, Adago Yacouba.
La participation des citoyens à la gestion de la chose publique demeure un défi au Tchad. Les femmes, les jeunes et les personnes vivant avec un handicap restent encore insuffisamment associés aux processus de décision. À travers ce forum, le CCOCS entend renforcer le rôle de la société civile et favoriser un dialogue plus constructif entre les communautés et les autorités.
Pour l’expert Abdalaziz Loualbalbé, l’enjeu est de réduire l’écart entre les principes de participation citoyenne et leur mise en pratique. Il souligne que l’objectif n’est pas de parler au nom des communautés, mais de créer les conditions leur permettant de s’exprimer directement, d’échanger avec les autorités et de contribuer aux politiques publiques qui les concernent. Il présente ainsi la société civile comme un partenaire du développement et un facilitateur du dialogue, plutôt que comme un acteur de confrontation.
La cheffe de mission, mdm Jacky Djainbaye Korbegue, insiste quant à elle sur les résultats attendus de la rencontre. Il s’agit notamment d’établir un diagnostic partagé, de renforcer les capacités des acteurs locaux et d’identifier des solutions adaptées aux réalités des communautés. Une feuille de route assortie d’engagements concrets devrait également permettre de renforcer la gouvernance locale.
Présidant les travaux, Adago Yacouba salue la pertinence du thème dans un contexte marqué par la décentralisation et la refondation du pays. Il rappelle que l’État doit gouverner, mais aussi écouter, informer et rendre compte. La société civile, de son côté, doit pouvoir critiquer, tout en proposant des solutions et en accompagnant les initiatives.
Le forum doit enfin permettre d’identifier les obstacles à la participation citoyenne et à la redevabilité des autorités, afin que chaque village, quartier, jeune et femme puisse davantage se sentir concerné par la gestion de la cité.
La rencontre s’inscrit dans le cadre du projet d’appui au Parlement et aux processus électoraux, mis en œuvre par le Centre européen d’appui électoral (ECES), avec l’appui financier de l’Union européenne.
TWM/ Mbaigoto Josué
