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La justice kényane a rejeté, mercredi, la demande de la communauté rastafari qui vise à être exemptée de la loi interdisant la consommation de cannabis au nom de la liberté religieuse. Une décision qui suscite la déception des adeptes de ce mouvement spirituel.
Saisie en 2021 par la Société rastafari du Kenya (RSK), la justice devait déterminer si l’interdiction du cannabis portait atteinte à la pratique de leur religion. Les requérants soutenaient que cette substance constitue un sacrement essentiel de leur culte.
Dans son verdict rendu par visioconférence, le juge Bahati Mwamuye a reconnu que le rastafarisme bénéficie de la protection de la Constitution. Toutefois, il a estimé que les preuves présentées ne démontrent pas que la consommation de cannabis est une obligation religieuse pour tous les fidèles, soulignant que certains rastafaris n’en consomment pas.
Le magistrat a également rappelé que la législation kényane, qui prévoit jusqu’à dix ans de prison et une lourde amende pour possession de cannabis à des fins personnelles, poursuit des objectifs de santé et de sécurité publiques.
À l’issue de la décision, plusieurs membres de la communauté ont dénoncé un jugement injuste. Les responsables de la RSK ont annoncé leur intention de faire appel, estimant que leurs droits religieux n’ont pas été respectés.
Dans sa décision, le juge a néanmoins invité à ouvrir un débat national sur une éventuelle dépénalisation du cannabis, dont l’usage reste largement répandu au Kenya.
Le rastafarisme, né en Jamaïque dans les années 1930, considère l’empereur éthiopien Haïlé Sélassié Ier comme une figure messianique. Ses adeptes, souvent reconnaissables à leurs dreadlocks, associent notamment la consommation de cannabis à la méditation et à leur pratique spirituelle.
Malgré la reconnaissance du rastafarisme comme religion par la justice kényane en 2019, ses fidèles affirment continuer à subir des discriminations.
Avec Africanews
