Les autorités tanzaniennes ont procédé à l’arrestation de dizaines de personnes à la veille de manifestations antigouvernementales prévues ce mardi. Cette vague d’interpellations intervient dans un contexte de durcissement des autorités face aux revendications en faveur de réformes démocratiques et de la libération du principal opposant, Tundu Lissu.
Dimanche, le porte-parole de l’armée, Sylvester Mangure, a averti que toute manifestation était interdite, rappelant la décision prise par le gouvernement la semaine précédente. Il a également accusé des personnes non identifiées de recruter des jeunes pour participer aux rassemblements.
Les manifestations ont été appelées par des jeunes militants à l’occasion du 72ᵉ anniversaire du parti au pouvoir. Ils réclament davantage de réformes démocratiques ainsi que la libération de Tundu Lissu, poursuivi pour trahison après avoir réclamé des réformes électorales avant les dernières élections législatives.
La présidente Samia Suluhu Hassan a été réélue lors du scrutin d’octobre avec 97 % des voix, dans une élection marquée par le boycott des principaux partis d’opposition. Les manifestations qui ont suivi avaient fait plus de 500 morts, selon une commission gouvernementale, tandis que l’opposition et des organisations de défense des droits humains avancent un bilan plus élevé.
À Dar es Salaam, les mesures de sécurité ont été renforcées avec le déploiement de policiers et de militaires sur les principaux axes de la ville. Les autorités affirment vouloir préserver l’ordre public, alors que la capitale accueille également mardi la 50ᵉ édition de la Foire commerciale internationale SabaSaba.
De son côté, le porte-parole de la police, David Misime, a annoncé un renforcement des opérations contre les personnes accusées d’organiser des manifestations via les réseaux sociaux, avertissant que des sanctions seront prises contre les contrevenants.
Le Premier ministre Mwigulu Nchemba avait déjà confirmé, la semaine dernière, l’arrestation de plusieurs personnes soupçonnées d’avoir mobilisé des jeunes pour participer aux manifestations, sans préciser leur nombre.
Avec Africanews
