Des propriétaires de terrains du quartier Sadjeri Koudou, dans le 10ᵉ arrondissement de N’Djamena, dénoncent ce qu’ils qualifient d’« injustice » et de « dérives judiciaires » dans un litige foncier qui les oppose depuis plusieurs années à un particulier.
Lors d’un point de presse organisé ce samedi 27 juin 2026, ils ont affirmé être confrontés à une situation qu’ils jugent incompréhensible, malgré plusieurs décisions de justice rendues, selon eux, en leur faveur. Le différend porte sur un domaine de 92 lots répartis dans les îlots 214, 215 et 216 de la section 1 du quartier Sadjeri Koudou.
Selon les plaignants, le litige remonte à 2019, après le bornage du terrain. Ils accusent un individu identifié par les initiales O.A. de revendiquer la propriété de l’ensemble des 92 lots. Ils soutiennent que les arguments avancés par ce dernier ont été rejetés aussi bien par les autorités traditionnelles que par les juridictions compétentes.

D’après leurs explications, O.A. aurait d’abord affirmé avoir acquis les parcelles auprès de l’ancien chef de terre du village, Djibirine Rimaido. Les propriétaires contestent cette version, rappelant que celui-ci était décédé bien avant la période présumée de la transaction. Ils indiquent également que l’intéressé a ensuite déclaré avoir obtenu les terrains auprès de Mahamat Matar, lequel aurait démenti ces affirmations devant les autorités traditionnelles.
Sur le plan judiciaire, les propriétaires rappellent que le Tribunal de grande instance de N’Djamena a rendu une première décision en 2022. L’affaire a ensuite été examinée par la Cour d’appel puis par la Cour suprême en 2023. Selon eux, ces juridictions ont confirmé les décisions précédentes, conférant ainsi à l’affaire l’autorité de la chose jugée.
Toutefois, les plaignants affirment que le dossier a connu un nouveau rebondissement après une opération de déguerpissement de constructions érigées sur les parcelles litigieuses. Ils soutiennent qu’à la suite de cette opération, exécutée sur réquisition judiciaire, le Parquet général aurait ordonné la reconstruction des bâtiments détruits, une démarche qu’ils estiment contraire aux décisions de justice rendues.

Les propriétaires indiquent avoir saisi le ministère de la Justice, estimant être victimes de pressions et d’entraves dans la jouissance de leurs biens. Ils affirment également que leur adversaire continue de bénéficier de certains avantages, tandis qu’eux-mêmes seraient empêchés de valoriser leur domaine.
Réunis à Sadjeri Koudou, ils ont lancé un appel au Président de la République, au ministre de la Justice et au ministre de l’Aménagement du territoire afin que les décisions de justice définitives soient, selon eux, pleinement respectées.
