1 a réfléchi à «Médias : Deux journalistes du ministère de la communication chassés de la radio Tchad»

  1. 19 Ce travail de depolitisation, mene tous azimuts, trouve une illustration dans la communication de la prefecture sur le mouvement des travailleurs sans-papiers, survenu au printemps 2008. Sous l’egide du syndicat CGT, des demandes de regularisation sont deposees dans plusieurs prefectures, notamment en region parisienne. A cette occasion, une journaliste de LCI transmet au cabinet du prefet une demande pour filmer le depot des dossiers et interviewer le corps prefectoral. Le directeur de cabinet sollicite l’avis du ministere de l’Interieur, avant de communiquer sur un sujet designe comme « sensible ». Un compromis est propose a la journaliste : l’interview est refusee, mais le filmage est possible a condition de ne pas prendre le son, « pour eviter un coup tordu » 15 d’un militant de la CGT. Pour ne rien laisser au hasard, un policier en tenue est present lors du depot des dossiers. Avant de filmer, la journaliste est recue par le directeur de cabinet, pour « un briefing prealable sur un sujet sensible sur lequel un journaliste n’est pas forcement bien informe » 16. Le directeur de cabinet s’en tient aux elements de langage definis par le ministere de l’Interieur : il ne s’agit nullement d’une « regularisation massive » et les dossiers seront examines « au cas par cas ». A l’issue de cette sequence, il ne fait pas mystere de ses intentions reelles : s’il a repondu favorablement a cette demande de presse, c’est pour « revendiquer une image positive de transparence, et ne pas laisser dire que la prefecture a refuse de communiquer » 17. Ce faisant, il entend reduire la couverture televisuelle du mouvement local a une « bonne image », en adequation avec les standards journalistiques des chaines d’information en continu.

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