Alors que le mois d’Octobre rose touche bientôt à sa fin, les chiffres rappellent l’ampleur du cancer au Tchad. Selon des données présentées en octobre 2026 par la coordinatrice du Programme national de lutte contre le cancer, le pays enregistrerait environ 18 000 nouveaux cas et 12 000 décès liés à cette maladie chaque année.
Des estimations qui soulignent l’importance de la sensibilisation, du dépistage précoce et de l’accès aux soins. Parmi les cancers qui touchent les femmes, celui du sein occupe une place préoccupante.
Les chiffres présentés lors d’une séance de sensibilisation organisée le 19 octobre 2026 par le Conseil économique, social, culturel et environnemental font état d’environ 3 000 nouveaux cas et de 1 400 décès par an. Le cancer du col de l’utérus représente également un enjeu majeur, avec quelque 2 350 nouveaux cas et 1 340 décès annuels, selon la même source.
À N’Djaména, le Registre populationnel du cancer avait enregistré 1 173 nouveaux cas en 2022, selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Les cancers de la prostate et du foie figuraient parmi les plus fréquents, tandis que ceux du sein et du col de l’utérus touchaient particulièrement les femmes.
Derrière ces statistiques, le diagnostic tardif reste une difficulté importante. La peur du résultat, les préjugés, le coût des soins et les difficultés d’accès aux structures spécialisées peuvent pousser certaines personnes à consulter tardivement.
Pourtant, détecter la maladie à un stade précoce peut améliorer les possibilités de traitement. À l’occasion du lancement d’Octobre rose, le 1er octobre 2026, le Programme national de lutte contre le cancer a annoncé une campagne de dépistage gratuit. Sa coordinatrice avait également indiqué que plus de 1 200 lésions précancéreuses avaient été repérées et traitées en 2025.
À quelques jours de la fin d’Octobre rose, la sensibilisation ne doit donc pas s’arrêter avec le mois d’octobre. Les femmes sont encouragées à se renseigner auprès des professionnels de santé et à consulter rapidement en cas de changement inhabituel au niveau des seins. Le dépistage du cancer du col de l’utérus doit également être encouragé selon les recommandations médicales.
Au-delà des campagnes ponctuelles, la lutte contre le cancer nécessite des moyens de diagnostic, des structures de prise en charge adaptées et un accompagnement des malades. Car parler du cancer, c’est aussi contribuer à briser les tabous et rappeler qu’une consultation précoce peut faire la différence.
TWM/ Chaïbo Issa Chaïbo
