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Transition au Tchad : Mahamat Idriss Deby embourbé par son entourage

« Quand le soleil décline à l’horizon, le moindre caillou fait une grande ombre et se croit quelque chose » dixit Victor Hugo il y a plus d’un siècle pour décrire la chute des grands hommes à une époque où les rois et empereurs luttaient pour conserver leurs couronnes de la vague des républicains qui déferlaient sur le vieux continent.

Une métaphore qui date certes d’une autre ère mais qui définit bien le paysage politique tchadien depuis 17 mois et l’arrivée au pouvoir de Mahamat Idriss Déby, fils de l’ancien Président Deby, lui aussi tué dans une attaque rebelle contre son pouvoir.

Mahamat Idriss Deby, un jeune militaire sans expérience politique ni administrative prend la tête du pays. Dans une époque récente sous le régime du président Déby père, les commentaires, les taquineries et les piques dans la haute sphère de l’Etat se faisaient quasiment dans l’ombre ou plutôt mesurés.

Mais aujourd’hui, il ne passe pas un jour sans que la toile ne découvre un post ou un commentaire déplacés entre les cadres du pays qui se livrent à un règlement de compte par des messages, parfois mal placés aboutissants à des « enfantillages ». Un comportement sur lequel, les internautes prennent du goût à commenter sans réserve, une attitude immature venant des responsables censés diriger la citée.

De la démission de l’ex Directeur de cabinet Abdoulaye Sabre Fadoul à celle de Cherif Mahamat Zene en passant par l’affaire des braconniers libyens tout bascule et porte à croire que le PCMT n’a pas le contrôle de ses collaborateurs.

Certes il y a une lutte de pouvoir entre différentes sensibilités claniques et souvent politiques, mais quand ce genre de lutte à sens unique, d’intérêt égoïste est opérée c’est le pays qui en sort perdant.

Les déclarations désobligeantes adressées par certains cadres sur la démission de l’ancien Dircab Sabre Fadoul, le ministre de l’environnement Mahamat Ahmat Lazina sur la lettre de félicitation du ministre de l’intérieur Dokony Adiker ou encore le Directeur de la communication à la Présidence Hassan Bouyebri et le Dircab adjoint du président Abdelnasser Garboa sur la démission du ministre des affaires étrangères Cherif Mahamat Zene. Tout porte à croire à l’idée d’ancrage de l’incapacité administrative des hauts cadres. Cela résulte d’un amateurisme caractérisé balayant du revers de la main le principe basique du réserve et de la protection de secret de l’État.

Pas unique, Koulamallah, ministre de la communication, qui passe à longueur des heures à s’insulter avec les jeunes sur les réseaux sociaux, Garboa qui balance des piques comme dans une cour commune attaquant sur chaque sujet, sans oublier Lazina cherchant le buzz autour de chaque déclaration de Masra, et bien d’autres cas pour ne pas citer que ceux-là. A-t-on besoin de toutes ces déclarations inutiles quand on connaît le retard qu’a connu le pays dans tous les domaines ?

Il ressort que le jeune président de la transition ne contrôle pas son administration comme c’est fut au temps de son défunt père prédécesseur ou encore celui de Hissein Habré. Il laisse profiler une lutte cynique entre différents clans aux ambitions démesurées. Même si le PCMT a recadré le ministre de la jeunesse Mahmoud Ali Seid quand ce dernier l’a qualifié « de représentant de Dieu sur terre », beaucoup reste à faire.

Lui et son premier ministre de transition Pahimi Padacké Albert, perdent de plus en plus le contrôle sur leurs collaborateurs. On est loin de l’époque où le PMT Pahimi rappelait à son cabinet l’importance de la solidarité gouvernementale.Qualifier son collègue de « gros cœur qui est fâché » ou de « feuille morte, feuille vivante » ou encore  » ruse de traître » rendra-t-il les choses meilleures ? Certes Cherif Mahamat Zene n’est pas la meilleure des personnes et beaucoup contestent certaines de ses manœuvres et son cercle de parent amis et connaissances au sein du ministère. Mais sont-ils mieux placées pour le juger ? La lutte de pouvoir clanique est une affaire qui doit rester dans l’ombre bien qu’elle soit généralisée dans certaines administrations africaines.

Ceux qui entourent le chef d’un État doivent toujours être les hommes de l’ombre. Hier Abdoulaye Sabre se plaignait de cet entourage occulte du président et aujourd’hui Cherif Mahamat Zene fait de même.

Cependant, le tchadien lambda se demande si le PCMT conduit une transition ou il organise un combat des coqs entre des « petits » fonctionnaires à la recherche des buzz parfois au prix du cynisme pour voir qui peut craquer et claquer la porte et qui supporter se soumettre ?

Toumaï Web Médias

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