fbpx

Tchad : Rôle joué dans le cadre de la prévention contre l’extrémisme violent par le CEDPE 

Au Tchad, le Centre d’Etudes pour le Développement et la Prévention de l’extrémisme (CEDPE), est une sorte de Think Tank officiellement inaugurée en janvier 2018, grâce à un groupe de personnalités ayant une expérience dans la prévention et la gestion des conflits.

L’objectif principal du CEDPE est d’apporter une contribution dans la prévention de l’extrémisme violent et la gestion des conflits à travers la sensibilisation, la formation, l’étude et la recherche. A son actif, plusieurs activités de préventions de l’extrémisme violent surtout des sensibilisations et formations aux profits des jeunes de la province du Lac-Tchad.

Ce centre, à travers ses activités, est devenu une référence dans la prévention de l’extrémisme au Tchad. Il est d’ailleurs, le premier à avoir mené le profiling des désengagés de Boko Haram en remettant aux autorités tchadiennes une base de données de 16 000 pages comportant les empreintes digitales, les photos, les signatures, dans le but d’assurer la réinsertion socioprofessionnelle.

Dr Ahmat Yacoub Dabio, fondateur du CEDPE

Interrogé, Dr Ahmat Yacoub Dabio, fondateur du CEDPE, confirme : « Nous faisons la sensibilisation auprès des jeunes qu’il faut outiller dès le plus jeune âge pour éviter, d’abord, de ne pas être naïfs face à l’apologie de la violence puis leur faire comprendre que le fait d’être différents sur les plans géographique, social, politique, économique constitue une richesse pour la stabilité, la paix et le développement ».

Selon Dr Ahmat Yacoub Dabio, l’étude menée sur le profilage par ledit centre, révèle qu’environ 7000 « désassociés » dont 54 % de femmes ont regagné la province du Lac Tchad sans avoir reçu un programme de déradicalisation ou un accompagnement socio-professionnel. Et, un grand nombre des désassociés ont reçu peu ou pas d’assistance humanitaire, et sont généralement rentrés et même réinstallés grâce à la solidarité familiale/communautaire.

Chose qui a conduit le CEDPE à définir un plan de réintégration des retournés au sein de la société, mais aussi de dissuader les autres à rejoindre le rang de Boko Haram. Par ailleurs, Dr Ahmat Yacoub Dabio souligne que l’esprit de la tolérance et du pardon du peuple tchadien a permis aux désassociés et désengagés de se réintégrer dans leurs différentes communautés sans souffrir d’une quelconque stigmatisation ou marginalisation.

Par conséquent, il mentionne qu’il n’est plus question d’évoquer la réintégration de ces personnes mais d’assurer une stratégie de prévention afin d’empêcher d’une part, les groupes extrémistes de puiser dans cette importante ressource humaine et d’autres parts, de dissuader les désassociés de reprendre pour des raisons économiques la route de l’immigration.

Ainsi, s’agissant de l’apport des médias en ligne pour contrer l’extrémisme violent, Dr Ahmat Yacoub Dabio soutient que le média dans son ensemble joue un rôle décisif mais l’apport financier et matériel n’est pas à la hauteur. Il invite les autorités et les partenaires à renforcer la capacité financière, matérielle et intellectuelle des médias. « J’ai honte de voir l’État se glorifier d’avoir attribué des miettes à la presse », conclut-il.

En somme, le CEPDE est l’une des structures qui œuvrent pour la prévention de l’extrémisme violent dans l’ensemble du pays.

Mbodou Hassan Moussa

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.