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ONU: La Russie opte pour la souveraineté du Mali

Mali: La Russie prend position dans le bras de fer Assimi Goïta – CEDEAO

La crise au Mali s’enlise et le pays semble être pris au piège du bras de fer géopolitique et économique entre puissances et organisations internationales, notamment la Russie et France, d’une part et la Cedeao et l’Onu, d’autre part.
Lors d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, la France a apporté son « plein soutien aux efforts de la Cédéao », les autorités maliennes, « une fois encore », n’ayant « pas respecté les exigences de la Cédéao et leurs propres engagements ».

Les États-Unis se sont dits « profondément préoccupés par l’absence de progrès au Mali » et ont exhorté les autorités maliennes « à revenir à la démocratie en temps opportun ».

A contrario, la Russie dont des militaires de la société Wagner sont déployés au Mali, a appelé à appuyer les « efforts compréhensibles » de la junte « visant à rétablir l’ordre » et dit comprendre « les difficultés auxquelles se heurtent les autorités maliennes pour la préparation des élections.

Des instructeurs russes sont récemment arrivés à Tombouctou pour accompagner la livraison d’hélicoptères russes, a indiqué un responsable malien. Un autre responsable malien, également sous le couvert de l’anonymat, a confirmé la présence « d’instructeurs militaires russes dans plusieurs parties du Mali ». « Vous parlez de mercenaires, C’est votre affaire. Pour nous, ce sont des instructeurs russes », a dit le premier responsable.
Un responsable sécuritaire occidental a parlé de « quelques centaines de mercenaires russes de la société Wagner déployés sur le territoire malien entre le centre et le nord ». Ce dernier a fait état de deux incidents récents suscités par cette présence : les blessures d’un membre de Wagner, selon lui, touché par l’explosion d’une mine dans le centre du pays en début de semaine ; et la protestation, quasiment inédite de la part des autorités maliennes, contre le survol du camp militaire de Sofara (centre) par un appareil de la force de l’ONU au Mali (Minusma). Aucune réaction officielle n’a été obtenue côté russe. Le Kremlin assure que Wagner est une société privée avec laquelle il n’a rien à voir.

Le renforcement apparent de la coopération avec la Russie coïncide avec la reconfiguration du dispositif français et la réduction programmée de la force antidjihadiste Barkhane, appelée à passer d’environ 5 000 militaires au Sahel à l’été 2021 à environ 3 000 à l’été 2022. Barkhane a récemment rétrocédé aux Maliens trois bases dans le Nord, la dernière en date à Tombouctou mi-décembre.

Le Mali riposte et ouvre la voie au dialogue avec la Cedeao

Après les sanctions de l’organisation sous-régionale, la junte a décidé de rappeler ses ambassadeurs dans les Etats membres de la Cédéao et de fermer les frontières avec ces pays, des mesures de réciprocité largement symboliques. Elle a annoncé pour les heures suivantes « toutes les mesures nécessaires en vue de riposter ».

Les dirigeants ouest-africains tant de l’Uémoa, l’institution regroupant les huit pays ayant en commun le franc CFA, que ceux de la Communauté des États de l’Afrique de l’Ouest souhaitent ont frappé fort dimanche la junte malienne par une série de mesures politique, économique et financière qui isolent le pays.

Lundi soir, dans un discours retransmis à la télévision nationale, le chef de la junte malienne, le Colonel Assimi Goïta a appelé la cedeao au dialogue avant de faire vibrer la fibre patriotique en appelant à la mobilisation et à la résilience de tous.
« Je vous demande de rester calmes et sereins car nous avons fait le choix d’être sincères afin de prendre notre destin en main en forgeant notre propre voie. La Cédéao et l’Union économique et monétaire ouest-africaine (Uémoa) se sont assumées, nous en ferons autant », a-t-il ajouté.

“L’heure est au rassemblement de tous les Maliens sans exclusive pour réaffirmer nos positions de principe et défendre notre patrie. Chaque Malienne, chaque Malien où qu’il se trouve, doit se comporter en défenseur des intérêts supérieurs du Mali. Nous mesurons la gravité de la situation. Il revient à chacun de taire les divisions de quelque nature que ce soit et de se retrouver autour de l’essentiel qu’est le Mali, notre patrie. Aussi, j’en appelle à une mobilisation constante et à une résilience face à la situation”, a ajouté le président de la transition.

Pour la Cedeao dont la crédibilité est en jeu, il s’agit de défendre ses principes fondamentaux de gouvernance, de stopper la contagion du fait accompli et de contenir l’instabilité régionale.

En effet, outre le cas du Mali, la Guinée est également au cœur de leurs préoccupations, d’autant plus qu’aucune garantie n’a été jusque-là donnée sur la transition en cours dans ce pays.

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