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Tchad : Retirer son salaire devient une mendicité dans les banques

Retirer son salaire à la banque à la fin du mois est un véritable parcours de combattant pour les travailleurs tchadiens, qui se trouvent contraints de former une queue chaque jour à partir de 4h du matin jusqu’au soir et parfois passer des jours sans être servi.

Cette situation est presque identique à la vielle pratique des écoles primaires, dont les maitres mettaient les enfants en rang, pendant quelques minutes avant l’accès dans les salles, une chose beaucoup aimée par les élèves.

Mais le rang des travailleurs est différent de celui des élèves, car c’est la désolation.
Ils sont obligés d’être devant les banques dès l’aube, passer toute une journée, bravant froids et canicules avec l’espoir de percevoir ce salaire pour régler les besoins alimentaires, payer les factures, pour certains les bailleurs de leurs maisons font pressions au point de les menacer de renvoi en cas de retard de payement…

A ces soucis des travailleurs, s’ajoutent les caprices des agents des différentes banques qui ne servent ceux-ci qu’en fonction de leur humeur. C’est l’exemple de cette Guichetière d’une banque de la place qui a refusé de servir les deux (2) derniers clients en rang depuis le matin en prétextant qu’il etait l’heure de descente et de leur proposer de revenir demain alors qu’il est 15h20min ou celui qui part en pause en mettant en attente tout le monde pendant des heures.
Ajouter à cela, le mépris de la clientèle et l’irrespect sont devenus le quotidien au point de se poser la question si c’est une relation prestataire/client ou mendiant/donateur.

Outre le mauvais comportement de certains agents de nos banques faut-il le rappeler, certaines de nos banques ont une qualité de prestation de service scandaleuse, l’absence ou la défaillance du réseau sert toujours d’argument quotidien, sans oublier la lenteur dans le service.

A la fin du mois, le service bancaire du Tchad devient l’enfer des travailleurs. Pour un simple retrait dans un Guichet Automatique Bancaire (GAB), le salarié doit parcourir tout N’Djamena, à la recherche d’un seul guichet qui fonctionne. Entre le GAB qui ne fonctionne que rarement parce qu’il est infecté de virus ou autre défaut, le GAB qui n’a pas été chargé de billet ou celui abandonné depuis des mois, le client n’a d’autre choix que de faire une courte poursuite en direction de diffèrent guichet. Il y en a qui partent même dans les grands hôtels ou centres commerciaux afin de retirer quelques billets.

Tous ces tracasseries de fin du mois dû au service médiocre des banques, créent un ralenti du service public. En prenant en compte les heures que passent ces travailleurs devant les banques, l’économie et le service public se mettent aux arrêts et le pays perd des heures de travail.

Les banques doivent faire comprendre à leurs agents que les salariés ne sont pas des mendiants, ils ne demandent pas une assistance sociale auprès des banques. Ils réclament que ce qui leur est reconnu comme droit et déposé par leurs employeurs sur leurs comptes.
En outre, l’Etat qui cherche à bancariser les payements de salaires ne doit pas négliger les conditions dans lesquelles les banques traitent les travailleurs.

Le gouvernement doit pousser les banques à ouvrir plus d’agence afin que les clients soient servis avec plus de dignité, de respect et d’efficacité.

Toumaï Web Médias/Ahmat Adoum Moussa et A.I Touka

One thought on “Tchad : Retirer son salaire devient une mendicité dans les banques

  • octobre 27, 2021 à 2:26
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    Il faut noter que certains lèsent allègrement les clients en empruntant salaire chaque mois.

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