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Monde: France Turquie, montée de la tension diplomatique et religieuse

Parfois, les crispations sont des préludes aux crises ouvertes. Au printemps 2018, les épouses de trois diplomates turcs, basés à Strasbourg auprès du Conseil de l’Europe et à Paris, doivent remplir des formulaires pour des titres de séjour français.

Or, elles refusent d’être photographiées sans leur voile. L’administration bloque la procédure, au nom de la loi. Commence alors, en coulisses, un invraisemblable imbroglio protocolaire et juridique. Ankara prend des mesures de rétorsion radicales. Elles visent les nouveaux fonctionnaires de l’ambassade et du consulat français en Turquie. Ils sont privés des cartes diplomatiques qui permettent de séjourner dans le pays.

Le Quai d’Orsay, qui ne peut opérer le renouvellement prévu des effectifs, bloque à son tour l’attribution des titres de séjour pour les diplomates turcs et leurs épouses.

Cette crise étouffée a pris fin au bout de quatorze mois, en juin 2019, lors de la visite de Jean-Yves Le Drian à Ankara. Compromis trouvé : un simple coup de tampon sera donné sur le passeport des épouses concernées, refusant de poser tête nue, à l’instar de la solution adoptée pour les conjointes de diplomates iraniens.

Mais cette séquence est riche d’enseignements. Elle révèle le raidissement identitaire de la Turquie, qui se conçoit comme un phare de l’islam politique, comme en témoigne le projet de reclassement de la basilique Sainte-Sophie en mosquée, à Istanbul.

Le monde

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