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« Mission impossible » de la Cédéao en Côte d’Ivoire

La campagne électorale de la présidentielle du 31 octobre en Côte d’Ivoire a dégénéré ce week-end dans la ville de Bongouanou, à 200km au Nord d’Abidjan.

Des affrontements intercommunautaires opposant des Agni, ethnie locale considérée comme proche de l’opposition, et des Dioula, musulmans venus du nord et réputés proches du pouvoir.

Le bilan fait état de deux morts.

Bridget Ugwe s’est entretenue avec Sylvain N’guessan, analyste politique ivoirien. Selon lui, le bilan serait bien plus élevé.

Sylvain N’Guessan, analyste politique de l’Institut stratégique d’Abidjan (Côte d’Ivoire) :

« Il n’y a pas eu que deux morts à Bongouanou. Depuis le mois d’août, période ou l’opposition a appelé ses sympathisants à s’opposer au troisième mandat d’Alassane Ouattara, les bilans font état de 10 à 15 morts au mois d’août.

Si on ajoute les deux de ce weekend à Bongouanou, vous voyez que l’on n’est pas loin de la vingtaine de morts et à mon avis il y aura encore des troubles dans diverses localités.

Quand j’analyse la cartographie électorale de la Côte d’Ivoire, je me dis qu’il pourrait y avoir des troubles dans au moins trente départements, donc environ 105 sous-préfectures, ça fait beaucoup, et je pense qu’il y aura encore des scènes de violence. »

Elu en 2010 et réélu en 2015, Alassane Ouattara avait renoncé en mars à briguer un troisième mandat, avant de changer d’avis en août après le décès de son dauphin désigné, le premier ministre Amadou Gon Coulibaly.

Sylvain N’Guessan, analyste politique de l’Institut stratégique d’Abidjan (Côte d’Ivoire) :

« L’opposition s’est mis dans cet état d’esprit qu’Alassane Ouattara ne reviendrait plus sur le devant de la scène.

Surtout que dans son discours du 5 mars il se retirait. Malheureusement il y a eu le décès du candidat du RHDP. Mais encore une fois, ce n’est pas le décès d’Amadou Gon Coulibaly qui détermine les conditions de l’égibilité, c’est bien la Constitution ivoirienne.

Donc nous regrettons son rappel à Dieu, mais ce n’est pas une condition pour outrepasser l’article 183 ou du moins l’interprétation qu’en on donné les cadres du RHDP.

Donc c’est ce contexte qui a poussé l’opposition a faire descendre ses partisans dans les rues, avec le rejet également des candidatures de Guillaume Soro et Laurent Gbagbo etc … C’est ce contexte général là qui a suscité ce climat tendu dans lequel nous vivons présentement. »

Une mission ministérielle de la Cédéao est arrivée en Côte d’Ivoire pour rencontrer les différents acteurs politiques

Permettra-t-elle aux différentes parties de trouver un terrain d’entente ? L’espoir est mince.

Sylvain N’Guessan, analyste politique de l’Institut stratégique d’Abidjan (Côte d’Ivoire) :

_ »Il sera difficile quand même pour les émissaires de la Cédéao d’emmener monsieur Ouattara à accepter une quelconque revendication de cette opposition, surtout que la revendication principale de l’opposition est d’empêcher la candidature d’Alassane Ouattara.
_

Donc je pense que cette médiation, même si elle est la bienvenue, je ne vois pas sur quel argument cette médiation pourrait emmener les deux parties à un terrain d’entente. »

Depuis l’annonce de la candidature du président sortant, Alassane Ouattara le 6 août dernier,la Côte d’Ivoire est plongée dans une crise qui a déjà fait une trentaine de perte en vies humaines et des centaines de détenus.

Sylvain N’Guessan, analyste politique de l’Institut stratégique d’Abidjan (Côte d’Ivoire) :

« Au stade où on en est je pense que la présidentielle va se tenir le 31 octobre, le président Alassane Ouattara va remporter la présidentielle dès le premier tour, il y aura des troubles sur tout l’ensemble du territoire ivoirien et l’opposition va tenter la dernière carte qui lui reste, ne pas reconnaître qu’il y a eu des élections le 31 octobre donc ne pas reconnaître le président Alassane Ouattara. Et par la suite nous verrons bien quelles zones de turbulences cela va susciter en Côte d’Ivoire.

Africanews

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