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33e anniversaire de l’assassinat du Thomas Sankara : L’ancien président Isaac Zida adresse une lettre à

33e anniversaire de l’assassinat du capitaine Thomas Sankara : L’ancien président burkinabè Yacouba Isaac Zida adresse une lettre à Thomas Sankara.

Camarade président, la justice ne t’a pas encore été rendue parce que ceux qui gouvernent aujourd’hui notre pays avaient tous bénéficié directement de ton assassinat le 15 octobre 1987, en sortant de l’ombre où ils étaient tapis pour devenir qui comme ministre, qui comme directeur général, etc.

Ils sont bien évidemment plus coupables que ces pantins qui ont ouvert le feu sur toi. Mais nous sommes nombreux ici au pays à croire que ce n’est plus qu’une question de jours; ne dit-on pas que le temps est l’autre nom de Dieu ? et que si la justice des hommes est défaillante, la justice providentielle elle reste imparable? Camarade président, les nouvelles du Faso ne sont malheureusement pas bonnes: Notre pays est au plus mal, les terroristes terrorisent nos braves populations.

Ce soir même on signale qu’à Gorgadji et Demniwel, une vingtaine de civils ont été massacrés. Depuis cinq années ces tueries sont quasi quotidiennes; nos soldats se montrent très braves mais il leur manque de tout. Comme tu le sais parfaitement une guerre ne peut pas se gagner si au niveau stratégique il n’existe aucune vision, les équipements sont inadaptés et très insuffisants et le renseignement est carrément inefficace. Un ancien ministre de La Défense croupit en prison pour avoir utilisé l’argent des munitions pour se bâtir un château dans son village.

Mais ce n’est que la partie visible de l’iceberg. 20% du territoire est concédé à l’ennemi et malgré cela nous nous contentons de mener un combat défensif avec un amateurisme sans égal. La misère et la famine menacent des millions de familles, l’école que tu as voulue qu’elle soit accessible à tous est devenue un luxe pour des millions d’enfants burkinabé. la maladie habite nos maisons, permettant à certains gouvernants de faire du corona buisness. Dans ces conditions il est évident que tout est à reconstruire dans ton cher pays le Burkina Faso, mais rassure-toi car il y a une lueur d’espoir; en effet, la jeunesse est désormais très consciente et entièrement déterminée à prendre en main son destin; ce qui me fait dire que bientôt, très bientôt même, le décompte morbide prendra fin, et le pays sera remis sur les rails de la sécurité et du progrès socio-économique.

Avant que je n’oublie, on t’a érigé un mausolée (la statue au départ ne te ressemblait pas du tout, je dirais même qu’elle était horrible, mais finalement à force de vives critiques pas le moindre faciles, elle a été corrigée), mais je sais que tu aurais préféré comme ton épouse Mariam que cette statue soit érigée ailleurs plutôt qu’au conseil de l’entente. C’est vrai que je ne connais nulle part ailleurs où un mausolée, supposé être un lieu du repos a été construit sur le lieu du crime. Mais se distinguer négativement c’est ce que nous faisons depuis un certain temps ici au Burkina Faso.

D’ailleurs tu aurais surtout aimé que ton meilleur souvenir soit dans les cœurs des burkinabé pour leur insuffler l’amour du prochain et l’amour de la patrie. Une université porte désormais ton nom même si aucun manuel scolaire n’enseigne ni ta philosophie ni même ton idéologie politique. Toutefois l’histoire s’est bien chargée de marquer les choses là où plusieurs espéraient les voir oubliées. En effet 80% des burkinabé, ceux-là qui n’étaient même pas encore nés quand tu partais, sont aujourd’hui ceux qui croient le plus en tes idéaux et les défendent de toutes leur force. Le burkindlum est en passe de devenir la “religion nationale” comme tu l’avais souhaité. Sans avoir été exhaustif dans ce rapport, j’espère avoir globalement dépeint la situation de notre pays le Burkina Faso que tu as servi jusqu’au sacrifice suprême.

Honneur au chef que tu as été, et Honneur au chef que tu demeureras toujours à travers des millions d’entre nous au Burkina en Afrique et dans le monde entier.

Issa Oumar Atiyé

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