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Portrait: Diplômée au chômage, Françoise, une Clandowoman, symbole d’une femme battante

Chose rare, sinon inexistante, trouver une femme au volant d’une Moto-taxi au Tchad peut surprendre plus d’un.

C’est ce que nous avons vécu cette semaine à N’Djamena. Il s’agit de la rencontre de Ngamadagne Diddy, connue sous le prénom de Françoise.
Assise sur une moto de model cadre dame, nez et bouche couverts de cache-nez, Françoise, attend les clients dans un petit carrefour de la Capitale.

Pendant ce temps, elle échange avec ses collègues Clandomen dans une ambiance bon enfant. Mais l’attention semble bien orientée vers un éventuel client.

De loin on peut l’entendre crier : «Clando ? Clando ? On part ?… » lorsqu’elle voit une personne s’approcher de leur point de stationnement. «Au début, personne ne me prenait au sérieux, mais maintenant ça va mieux, je travaille bien et je m’en sors quand même» raconte Françoise avec un air posé.

Agée de 34 ans, Françoise est titulaire d’une Licence en Gestion des ressources humaines, obtenue à Accra au Ghana. Elle affirme avoir travaillé avec des ONG et exercé plusieurs activités génératrices de revenues, avant de se retrouver aujourd’hui dans le métier de Mototaxi avec tous les risques que cela peut engendrer.

C’est depuis plus de trois semaines que Françoise est devenue Clandowoman. Elle travaille de 6 heures à 18 heures pour gagner son pain quotidien.

«J’ai réussi à surmonter le doute et la peur de l’insécurité, sinon je n’allais pas commencer cette activité. Les risques sont énormes mais je n’ai pas le choix» a-t-elle souligné avant de dire qu’elle est une femme battante et qu’elle ne peut pas continuer à attendre tout de quelqu’un.

Pour ses collègues clandomen, c’est un honneur de voir une femme venir donner de la valeur à leur activité. «C’était avec fierté et beaucoup de considération que nous l’avons accueilli parmi nous» témoin l’un d’entre eux.

Parlant de ses rapports avec ses collèges Clandomen, elle avoue que tout se passe plutôt bien et qu’elle se sent à l’aise grâce aux encouragements de ces derniers. «Ils m’ont donné des conseils très utiles par rapports aux comportements des clients et je commence à vivre exactement cela au quotidien. Mais je ne peux pas lâcher tant que je ne trouve pas mieux ailleurs» précise Françoise.

Selon elle, il arrive qu’elle transporte des clients ivres, malhonnêtes et autres, mais qu’elle reste concentrer sur cette activité qui commence à passionner: «Au delà du revenu que l’activité génère, je trouve du plaisir à rencontrer des bonnes personnes et aussi des tisser des belles relations qui peuvent un jour me donner des ouvertures.»
Contrairement à certains Clandomen qui louent leurs motos pour travailler, Françoise nous dit qu’elle a eu la chance en rétrocessio de son grand frère. Elle avoue que sa famille n’est pas d’accord qu’elle fasse le Clando, mais qu’elle le fait par obligation parce que c’est très difficile de rester sans emploi.

«Tout ce que je demande pour le bon fonctionnement de mon activité, c’est seulement la sécurité» revendique-t-elle.

En dehors des risques qui entourent le métier de Clando, Françoise dit qu’elle apprécie bien l’activité et qu’elle peut recommander à d’autres femmes de s’y lancer si elles le désirent.

«Ce n’est pas une activité réservée qu’aux hommes. Les femmes aussi peuvent la faire pour donner l’image d’une femme battante de la société ou woman in power a soutenu Françoise, avant de remorquer un client pour une destination inconnue.

@TWM Moïse Dabesne

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